login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9614
Sommaire Publication complète Par article 18 / 36
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/defense commerciale

Le dossier des compresseurs à air chinois constitue un nouveau revers cinglant pour Peter Mandelson

Bruxelles, 03/03/2008 (Agence Europe) - Sous la pression de treize de ses collègues à la Commission européenne, Peter Mandelson a dû faire machine arrière, la semaine dernière, sur le dossier des importations de compresseurs à air en provenance de Chine. Au terme d'une enquête qui a conclu à un dumping dans une fourchette comprise entre 67,4 et 77,6%, le commissaire au Commerce avait proposé de ne pas frapper les importations de compresseurs à air chinois de droits antidumping, prétextant que de telles mesures ne seraient pas dans l'intérêt économique communautaire puisque, aujourd'hui, seulement 8% des compresseurs à air vendus en Europe sont produits dans l'UE où la production baisse inexorablement, et que 50% des importations proviennent de Chine (EUROPE n° 9600).

Malgré le soutien d'une faible majorité d'Etats membres au Conseil - 13 votes en faveur de sa proposition plus une abstention lors d'un vote à la majorité qualifiée au Comité antidumping, M. Mandelson s'est vu contraint, sous la pression des commissaires Frattini, Verheugen, Barrot, Kovacs, Figel, Spidla, Almunia, Orban, Reding, Kyprianou, Borg, Hübner et Dimas, lors de la réunion du Collège le 27 février dernier, de présenter une nouvelle proposition de compromis incluant l'imposition de droits sur les importations de compresseurs à air chinois. Selon une note interne à la Commission dont EUROPE a obtenu une copie, ceux-ci ont en effet fait état de profondes préoccupations sur plusieurs points: - le choix de la procédure utilisée par M. Mandelson sur ce dossier (une procédure écrite accélérée) et le changement de pratique que cette décision paraissait induire, l'orientation en matière de politique commerciale qu'elle préjugeait et le risque que cette décision soit vue comme le signe qu'une révision de la politique antidumping est de facto en cours ; - les répercussions sur l'emploi et le coût social à attendre dans certains Etats membres s'il n'est pas mis fin au dumping avéré ; - la validité des données chiffrées utilisées pour fonder la décision et la pertinence de certains raisonnements ; - la réception politique de ce dossier, compte tenu de l'opposition marquée par 13 Etats membres au Comité antidumping et le contexte politique général dans lequel il s'inscrit ; - l'absence de justification juridique de la décision de M. Mandelson compte tenu du fait que le dumping est avéré ; - la faiblesse de l'argumentation relative à l'intérêt communautaire pour décider de ne pas imposer de mesures antidumping ; - le problème que pose l'interprétation du concept d'intérêt communautaire dans le contexte des relations commerciales avec des pays tiers ; - le fait que la solution de compromis avancée (par Chypre, NDLR) au cours du processus d'examen du dossier n'ait pas été examinée de manière plus approfondie.

M. Mandelson a toutefois obtenu de limiter, dans sa nouvelle proposition de compromis, la durée d'application des droits à deux ans, au lieu de cinq, au terme desquels ils seront revus. Mais, si l'impact économique de ce dossier est limité, il constitue néanmoins un cinglant revers pour le commissaire au Commerce, qui, sous la pression des Etats membres « producteurs » emmenés par l'Allemagne, la France et l'Italie, des grands lobbies industriels et du président de la Commission, José Manuel Barroso, s'est déjà vu contraint de renoncer provisoirement en janvier dernier à sa proposition de révision des instruments de défense commerciale de l'UE (EUROPE n° 9580). (E.H.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE