Bruxelles, 15/02/2008 (Agence Europe) - L'ancienne parlementaire néerlandaise d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort par les intégristes pour ses propos contre l'islam, a formellement demandé jeudi à Bruxelles devant un groupe de députés européens la protection de l'Union européenne. « Je suis venue vous demander de créer un fonds européen afin d'assurer la protection d'une personne dont le seul crime est de parler librement », a plaidé Mme Hirsi Ali, invitée par le groupe socialiste du Parlement européen pour un débat. L'ex-députée s'était exilée en 2006 aux Etats-Unis et le gouvernement néerlandais a cessé en octobre dernier de financer sa protection hors de son territoire, un coût estimé à 2 millions d'euros par an. « Je crois que la décision du gouvernement néerlandais était mauvaise », a-t-elle commenté, en remerciant au passage de son soutien la France, qui a évoqué la possibilité de lui accorder la nationalité française. « Depuis octobre, je suis contrainte de lever des fonds à plein temps » pour assurer ma protection, a expliqué Mme Hirsi Ali. S'appuyant sur plusieurs articles de la Charte européenne des droits fondamentaux, adoptée début janvier, plusieurs députés demandent la création d'un nouvel instrument communautaire pour financer la protection des personnes menacées pour leurs opinions. Le groupe socialiste du PE a lancé une initiative qui a déjà recueilli près d'une centaine de signatures, dont celle du président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering (PPE-DE, allemand). Ce projet doit recevoir le soutien d'une majorité de députés européens avant la fin du mois de mars pour devenir une résolution officielle du Parlement européen, adressée à la Commission et au Conseil. Si les Vingt-Sept ne répondent pas favorablement à cette demande, le Parlement devra assurer lui-même ce financement dans le cadre de ses prérogatives budgétaires. Le député français Benoît Hamon (PSE) a également évoqué une autre piste, celle « d'engager une action pilote, qui protégera aussi d'autres citoyens européens comme Ayaan Hirsi, attaqués pour ce qu'ils ont dit ». Son financement pourrait provenir d'une enveloppe de « 50 millions d'euros » que le Parlement européen peut mobiliser chaque année, à l'image des fonds débloqués en 2004 pour aider les victimes du terrorisme de la gare d'Atocha, à Madrid. (B.C.)