Bruxelles, 12/02/2008 (Agence Europe) - Le groupe PPE-DE du Parlement européen s'est réuni les 7 et 8 février à Chypre, pour débattre de la politique méditerranéenne, notamment au Moyen-Orient, après une visite récente effectuée par le président de ce groupe, le Français Joseph Daul.
« Chacun le constate et le regrette, le processus de Barcelone n'est pas aussi efficace que la situation politique, économique et sociale très délicate de la région l'exige », a affirmé Joseph Daul. Il a appelé l'UE à « réfléchir à sa stratégie (et à) l'adapter aux nouvelles réalités du terrain ». La discussion a logiquement porté sur le projet français d'Union méditerranéenne, qui est mal perçu par le groupe, notamment par les membres allemands. La formulation officielle demeure cependant prudente: « Notre groupe a étudié les différentes pistes qui peuvent permettre à l'Europe d'être plus forte politiquement, et pas seulement financièrement, dans la région méditerranéenne, y compris l'initiative de la France d'une Union méditerranéenne », a ajouté le président du PPE-DE.
La présidente de la commission politique de l'Assemblée parlementaire EuroMed (APEM), Tokia Saïfi (PPE-DE, française), a conforté ce point de vue en soulignant que le processus de Barcelone « reste plus que jamais le cadre de référence ». Elle aussi estime que ce processus s'est « essoufflé ». De ce fait, « toute initiative de relance, d'où qu'elle vienne, est la bienvenue, notamment le projet français d'Union pour la Méditerranée qui porte une volonté de réforme réelle ». « Il faut avoir le courage de reconnaître que le bilan est décevant », mais c'est sur ce bilan qu'il faut aujourd'hui s'appuyer pour « réformer le partenariat » et « bâtir un nouveau projet pour la Méditerranée ». Elle a dit regretter que l'UE n'ait pas concédé « les moyens nécessaires ». Elle a aussi affirmé l'existence d'un fort déséquilibre entre les appuis à l'Est et au Sud. « Pourtant, a-t-elle souligné, l'ouverture au Sud est un enjeu aussi important pour l'Union européenne que l'ouverture à l'Est ». En outre, le partenariat a été victime de « lourdeurs administratives et institutionnelles », a expliqué Mme Saifi. Les réunions ministérielles ne seraient, pour elle, que des « forums politiques ».
La politique européenne de voisinage (PEV) n'a pas plus de grâce à ses yeux, car elle n'a pas rénové le processus de Barcelone. Elle aurait même, selon Mme Saifi, contribué à en brouiller davantage les enjeux. La PEV « demeure à ce jour peu claire dans son approche et ses objectifs ». Les évolutions géopolitiques et économiques internationales « rendent indispensable une refondation de la coopération en Méditerranée ». Pour y parvenir, il faudrait d'abord « sortir du chaos » en Méditerranée orientale et avant toute chose permettre la création d'un Etat palestinien. Elle suggère ensuite à l'UE de « s'engager résolument à soutenir davantage le développement des entreprises locales et les investissements directs dans les pays partenaires méditerranéens » et de faciliter la création d'une BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) méditerranéenne. Il faudrait impliquer davantage la société civile et favoriser la tolérance. Le plus important serait, à son avis, que l'EuroMed n'apparaisse plus à l'opinion comme « le support d'accords commerciaux, mais comme un enjeu fondamental pour la compétitivité économique, l'emploi et les revenus de leur propre pays pour les années à venir ». (F.B.)