Bruxelles, 12/02/2008 (Agence Europe)- Après avoir dénoncé dès le 1er février la tentative de prise de pouvoir par la force par une alliance rebelle au Tchad, le commissaire au Développement et à l'Aide humanitaire Louis Michel a fait part de ses préoccupations quant aux arrestations de représentants de l'opposition au Tchad. Dans un communiqué publié le 11 février, M. Michel s'est déclaré « profondément préoccupé par ces arrestations qui mettent en péril le climat de confiance et de collaboration constructive que les hommes et les partis politiques tchadiens sont parvenus à instaurer au cours des premières phases de la mise en œuvre de l'Accord politique du 13 août 2007 », accord qui prévoit la tenue d'élections législatives libres et transparentes en 2009 (voir EUROPE n° 9484). Et M. Michel de poursuivre qu'en tant que facilitateur de l'accord, la Commission européenne « a le devoir moral de rappeler au chef de l'Etat (Idriss Déby - NDLR) qu'il s'est porté garant de l'exécution de l'Accord politique et qu'il lui incombe d'apporter des preuves concrètes de son soutien à ce processus par la libération immédiate de ces personnalités de l'opposition politique non armée ». Lors de l'attaque de la rébellion contre la capitale N'Djamena, début février, les forces soutenant le pouvoir tchadien ont arrêté trois membres de l'opposition politique dont le sort jusqu'à présent demeure inconnu. Lol Mahamat Choua, ancien président de la République et figure de proue de l'accord conclu en août 2007, Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition de partis d'opposition tchadiens, la Coordination pour la défense de la Constitution (CPDC), et Ngarlejy Yorongar, un des opposants les plus anciens au régime sont parmi les personnes détenues, selon plusieurs rapports de la presse internationale. (A.By.)