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Bulletin Quotidien Europe N° 9585
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/peche

Michel Barnier tempère les propos de Nicolas Sarkozy sur les quotas européens

Bruxelles, 22/01/2008 (Agence Europe) - Michel Barnier, le ministre français de l'Agriculture, a tenu à tempérer, lundi 21 janvier devant la presse, les propos tenus il y a quelques jours par Nicolas Sarkozy sur la rigidité des quotas européens de pêche.

Le 19 janvier, le président français Nicolas Sarkozy a dit qu'il allait engager « un dialogue très approfondi et très fort avec la Commission européenne d'ici la fin du mois » sur les quotas de pêche. Cette « affaire des quotas, il faut qu'on en sorte », a souligné le chef de l'Etat qui compte profiter de la Présidence française du Conseil de l'UE (du 1er juillet au 31 décembre prochains) pour tout remettre à plat. Nicolas Sarkozy a expliqué qu'il souhaitait apporter « une réponse beaucoup plus souple » aux problèmes de la pêche, « quels que soient les espèces et les lieux de pêche ».

« Il n'y a pas lieu à polémiquer », a déclaré Michel Barnier, devant la presse. Déjà en décembre 2007, après le Conseil Pêche, M. Barnier avait critiqué ce système consistant à « passer une nuit dramatique » de répartition et d'échanges de quotas. Il faudrait donc « remettre à plat ce système ». Il ne s'agit pas de supprimer les quotas (une méthode nécessaire pour gérer la politique commune de la pêche) mais d'améliorer le système, a fait valoir Michel Barnier, qui a donné des idées: - gérer les quotas sur trois ans, et non plus sur une seule année, pour donner plus de visibilité aux pêcheurs ; - organiser une « confrontation » plus régulière entre les observateurs scientifiques et les marins-pêcheurs pour éviter ce décalage entre les chiffres sur l'état des ressources halieutiques. Enfin, la question des « préférences de La Haye » pose des problèmes à cause des baissent importantes (jusqu'à 40%) de certains quotas (en application de ces préférences).

De manière plus générale, sur la méthode française consistant à provoquer parfois la Commission et les pays de l'UE, M. Barnier a dit que « personne ne doit s'inquiéter » que la France soit de retour avec son tempérament, avec ce nouveau dynamisme qui est celui d'un nouveau président. « C'est le contraire qui serait préoccupant » pour les autres Etats. C'est le contraire qui a été préoccupant « quand la France a voté non (…), a bloqué le système et a mis en panne politique l'Union », a conclu M. Barnier.

La Commission européenne, de son côté, a rappelé que les quotas sont « essentiels » à la conservation des stocks et ont un rôle dans la gestion de la politique commune de la pêche (PCP). La porte-parole de Joe Borg, le commissaire européen à la Pêche, a rappelé aussi que, depuis la réforme de la PCP en 2002, des mesures ont été prises pour améliorer la PCP (comme les plans pluriannuels de gestion de stocks). La Présidence slovène du Conseil de l'UE a rappelé que « l'objectif (de l'UE) est d'avoir une activité de pêche durable et les quotas sont l'un des instruments dont nous avons besoin » pour y parvenir. Le ministre allemand de l'Agriculture et de la Pêche, Horst Seehofer, a mis en garde contre une remise en cause générale du système. « A terme, ne pas avoir de quotas ne sert pas les pêcheurs si, dans le même temps, ils n'ont plus de poissons », a-t-il dit. « Nous ne pouvons pas placer les intérêts économiques au-dessus de tous les autres intérêts », a ajouté le ministre allemand, tout en se disant prêt à « discuter » de l'idée de quotas pluriannuels. (L.C.)

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