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Bulletin Quotidien Europe N° 9577
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Les taux ne changent pas mais le ton monte

Bruxelles, 10/01/2008 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 10 janvier, de laisser inchangés les taux d'intérêt de la zone euro. Une décision assortie d'un « message musclé » du Conseil des gouverneurs sur les effets de second tour, selon Jean-Claude Trichet, et qui a été prise après avoir pesé « avec beaucoup de soin » le pour et le contre des deux seules options possibles actuellement: une hausse des taux ou leur maintien, mais pas une baisse. La BCE est en « état d'alerte », a en effet indiqué avec fermeté son président lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, en mettant comme prévu l'accent sur les risques d'une spirale inflationniste par les salaires. Le taux de soumission appliqué aux opérations de refinancement reste de 4%, alors que les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeurent à respectivement 5% et 3%.

La forte pression à la hausse sur l'inflation s'est poursuivie, avec un taux de 3,1% sur un an en décembre 2007, et la BCE est prête à agir « de façon préventive » pour éviter les effets de second tour, a insisté M. Trichet. L'ancrage des anticipations inflationnistes est « de la plus haute importance pour le Conseil des gouverneurs » et il est « absolument essentiel » d'éviter que la 'bosse' actuelle devienne durable, a-t-il martelé. Selon lui, le taux d'inflation annuel devrait rester « significativement supérieur à 2% dans les mois à venir et ne devrait reculer que graduellement au cours de 2008 », de sorte que la période de taux temporairement plus élevés sera probablement plus longue que prévu précédemment. Cette modération attendue du niveau général de prix reste néanmoins tributaire d'une inversion des cours actuels du marché des matières premières et du fait que la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires n'entraîne pas d'effets de second tour sur les salaires et la fixation des prix. « Nous ne permettrons pas que ces risques se réalisent », a poursuivi le président de la BCE, qui suivra de près les négociations salariales dans les Etats membres de la zone euro. Et de rappeler que toute indexation des salaires nominaux sur les prix est à proscrire. Si les fondamentaux de la zone euro sont « sains », les corrections importantes liées à la crise des marchés du crédit hypothécaire à risque sont en cours, a-t-il aussi constaté, reconnaissant que les risques s'aggravaient.

M. Trichet a par ailleurs annoncé que l'institution de Francfort, en coordination avec la Réserve fédérale américaine, offrira des liquidités supplémentaires pour contribuer à apaiser les tensions sur les marchés financiers. Ces opérations, qui interviendront les 17 et 31 janvier, « seront du même montant et seront conduites selon les mêmes procédures que celles réalisées en décembre 2007 », a-t-il précisé. A l'époque, la BCE avait décidé, avec d'autres grandes banques centrales mondiales, de procéder à deux opérations pour fournir des liquidités en dollars d'une maturité de 28 et 35 jours, pour 10 milliards de dollars chacune (EUROPE n° 9564). (A.B.)

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