login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9572
Sommaire Publication complète Par article 13 / 24
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/jai

L'élargissement de l'espace Schengen provoque une augmentation des demandes d'asile en Autriche et en Pologne

Bruxelles, 03/01/2008 (Agence Europe) - L'élargissement de l'espace Schengen, dont le nombre des participants est passé de 15 à 24 pays le 21 décembre dernier, a entraîné un afflux important d'immigrants venus de l'est et désireux d'obtenir un statut de réfugié. Tel est le constat qui s'impose au vu notamment de la situation en Autriche et en Pologne. En Autriche, dont plus de la moitié des ressortissants se sont déclarés opposés à l'ouverture de leur frontière, le Centre d'accueil pour réfugiés de Traiskirchen, au sud de Vienne, a vu le nombre de ses occupants doubler depuis le 21 décembre pour atteindre le chiffre de 770. Ce camp peut normalement accueillir au maximum 500 personnes. Les médias autrichiens ont rapporté que beaucoup de ces réfugiés s'étaient rendus en Autriche par taxi et par train après l'extension de Schengen, plusieurs d'entres eux ayant par ailleurs déjà effectué des demandes d'asile en Pologne, en Slovaquie et en Lituanie. En Pologne, la hausse des demandes d'asile avait déjà débuté bien avant la levée effective des contrôles aux frontières à l'intérieur de l'espace Schengen. Le 20 décembre, 8629 personnes, principalement des Tchétchènes avaient introduit une demande d'asile en Pologne depuis le début de l'année. La raison la plus probable de cette augmentation est l'entrée de la Pologne dans l'espace Schengen et la peur que cela ne se traduise par des contrôles accrus aux frontières, a récemment indiqué le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Selon le HCR, des passeurs clandestins ont fait circuler des rumeurs selon lesquelles l'accès des demandeurs d'asile au territoire polonais deviendrait plus difficile après le 21 décembre. Les demandeurs d'asile ont aussi espéré à tort qu'une fois entrés en Pologne ils pourraient plus facilement se rendre dans d'autres pays européens. Cet afflux, qui n'a pas été constaté dans les autres pays nouvellement membres de l'espace Schengen, a entraîné un phénomène de surpeuplement dans les centres d'accueil polonais. Ces installations reçoivent désormais plus de 5.300 personnes, contre 3.550 il y a un an, selon le HCR. Le nombre de centres de rétention pour étrangers s'est multiplié ces dernières années, atteignant aujourd'hui le nombre de 224 à travers l'Union européenne. Ces centres disposent au total d'une capacité d'hébergement estimée à 30.000 personnes parmi lesquelles des demandeurs d'asile et des clandestins en attente d'expulsion.

Avec le geste symbolique fort de la suppression des frontières pour 400 millions d'habitants se pose dorénavant la question de la protection des nouvelles frontières extérieures de l'Union. Toutefois, la question de la sécurité intérieure n'en reste pas moins des plus actuelles, et ceci d'autant plus que les clandestins peuvent provenir de l'intérieur même de l'espace Schengen. La police autrichienne a déclaré le 30 décembre avoir intercepté dix Serbes, dont plusieurs enfants, qui tentaient d'entrer dans le pays via la Hongrie. Ces personnes, qui auraient vraisemblablement été aidées par un trafiquant d'êtres humains, avaient passé plusieurs jours dans un centre de rétention en Hongrie avant de tenter de rejoindre l'Autriche. Les garde-frontières polonais ont annoncé au cours de la période de Noël l'interpellation de plus d'une centaine de demandeurs d'asile tchétchènes qui tentaient de quitter la Pologne pour l'Allemagne, l'Autriche et la France. La police allemande a également arrêté plusieurs d'entre eux circulant sur ses autoroutes. Selon la législation de l'UE, les demandeurs d'asile dont la demande de statut de réfugié est en cours ne peuvent en effet pas quitter le pays où ils ont émis une demande initiale pour le statut de réfugié, sans qu'une décision n'ait été rendue. Ils ne sont pas non plus autorisés à travailler durant la procédure de demande d'asile. En revanche, les personnes ayant reçu le statut de réfugié dans les neuf nouveaux pays de l'espace Schengen pourront désormais, comme le font les touristes, voyager dans d'autres pays de l'espace Schengen. Cependant, ils ne pourront pas y rester plus de 90 jours et ils ne pourront pas y travailler sans permis de résidence ni de travail. Ils auront besoin de visas pour le Royaume-Uni et l'Irlande, qui ne sont pas membres de l'espace Schengen. (B.C.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES