Les deux groupes énergétiques français GDF - GAZ DE FRANCE et SUEZ ont présenté lundi les modalités de leur fusion selon un schéma différent de celui présenté il y a dix-huit mois, après l'annonce initiale du projet qui visait dans un premier temps à s'opposer à un rachat de SUEZ par l'Italien ENEL. Le nouvel ensemble, dont l'Etat français détiendra une minorité de blocage de 34%, s'appellera GDF SUEZ et les deux groupes prévoient une fusion « dans les meilleurs délais, au cours de l'année 2008 » ; le pdg sera Gérard Mestrallet, poste qu'il occupe actuellement chez SUEZ. « Fort d'un chiffre d'affaires de 72 milliards d'euros, GDF SUEZ sera l'un des leaders mondiaux de l'énergie et sera parmi les trois premières sociétés de services dans l'énergie et l'eau mondiales cotées », précise le communiqué des deux groupes. GDF SUEZ sera le deuxième producteur français d'électricité derrière EDF et le premier groupe gazier en Europe. Il sera, par ailleurs, numéro quatre du secteur de l'énergie au niveau mondial en valeur boursière. La fusion aboutira à une privatisation de GDF a reconnu le gouvernement français. Le nouvel accord - qui n'a pas encore été notifié, a précisé la Commission européenne lundi midi - modifie les parités d'échange d'actions du projet initial et prévoit la cession des activités dans l'eau et la propreté de SUEZ, l'objectif étant de résoudre le problème de valorisation des deux groupes (SUEZ valait vendredi plus de 54 milliards d'euros contre 36 milliards pour GDF). La nouvelle parité a été fixée à 22 actions SUEZ pour 21 GDF soit une action SUEZ pour 0,9545 action GDF (dans le projet initial, l'échange se faisait sur la base d'une action SUEZ pour une action GDF auquel s'ajoutait le versement d'un dividende exceptionnel d'un euro aux actionnaires de SUEZ). SUEZ cédera, par ailleurs, à ses actionnaires 65% de son pôle « environnement », qui sera introduit en Bourse. Valorisé à près de 20 milliards d'euros par les analystes, ce secteur attire déjà les convoitises d'autres groupes comme VEOLIA ENVIRONNEMENT. Plus précisément, il sera contrôlé à 48% par un pacte d'actionnaires entre le nouvel ensemble (35%) et ses actionnaires publics (13%) tels que la CAISSE DES DEPOTS ou le groupe nucléaire AREVA. Ce pacte sera garanti trois ans.