Bruxelles, 28/03/2007 (Agence Europe) - Des responsables politiques, experts et représentants d'ONG ont à nouveau fortement averti du danger qui consiste à transférer de manière incontrôlée aux autorités américaines les données personnelles des citoyens européens à des fins de lutte contre le terrorisme. Jusqu'à présent, ni les Etats-Unis, ni l'UE n'ont fourni de chiffres démontrant l'utilité de traiter des milliards de données personnelles de citoyens européens et autres, ont souligné les députés. « On ne peut enfreindre les droits relatifs à la protection des données, sauf à apporter la preuve que la décision s'avère nécessaire, proportionnée et adaptée », a expliqué le 26 mars Stavros Lambrinidis (PSE, Grec), vice-président de la commission des libertés civiles du PE, qui présidait une audition publique consacrée aux aspects légaux du transfert des données dans le cadre du PNR (Passenger name record), de l'affaire Swift et dans le cas de « Safe Harbour ». Pour Francesca Bignami, professeur à l'Université Duke aux Etats-Unis, le risque que les données PNR ne soient pas protégées de façon adéquate aux Etats-Unis est bien là car « le 'Privacy Act' américain ne fonctionne pas ». Selon elle, cette loi sur la confidentialité est même « inopérante » compte tenu des nombreuses dérogations liées à la sécurité publique. Ainsi les données personnelles interceptées par les autorités américaines peuvent toujours être partagées à des fins de coopération policière. D'après Marc Rotenberg, directeur de l'Electronic Privacy Information Centre de Washington, « les risques en matière de confidentialité ne sont plus théoriques » puisque les personnes qui ne bénéficient pas de la citoyenneté américaine ou d'un statut de résident permanent ne peuvent pas se prévaloir de cette loi sur la confidentialité. De ce fait, leurs informations personnelles peuvent être recueillies même pour des motifs qui ne sont pas forcément liés au terrorisme, a-t-il indiqué. Environ 140 millions de transactions PNR ont été réalisées en 2006 par les autorités américaines avec les 6 plus grandes compagnies aériennes d'Europe. Suite à cette rencontre, un débat avec les représentants du Conseil et de la Commission aura lieu lors de la prochaine réunion de la commission des libertés civiles les 10 et 11 avril, avant qu'une délégation parlementaire ne se rende à Washington du 16 au 18 avril pour y rencontrer des représentants du Congrès américain. (bc)