Bruxelles, 01/03/2007 (Agence Europe) - Dans des conclusions adoptées mardi 27 février, le Conseil Ecofin se félicite du rapport spécial de la Cour des comptes européenne sur les dépenses de traduction de trois institutions qui se sont élevées à 511 millions d'euros en 2005, au moment où le nombre des langues officielles et de travail de l'UE a été porté à 21 (EUROPE n°9265 sur le rapport de la Cour). Cependant, il plaide en faveur d'un renforcement de la coopération interinstitutionnelle, étendue à toutes les institutions, afin d'améliorer les procédures et de réduire les coûts dans le domaine de la traduction. Les institutions sont invitées à améliorer le système de répartition de la charge de travail afin de mieux exploiter les capacités disponibles et d'éviter de recourir inutilement à l'externalisation. Les Etats membres notent que, en 2005, selon la Cour, 11 millions d'euros auraient pu être économisés par la Commission et par le Parlement si des traductions non urgentes avaient été confiées à d'autres institutions plutôt qu'à des traducteurs indépendants.
Dans ses conclusions, le Conseil souligne que les traductions doivent être effectuées « dans les délais fixés et présenter un niveau de qualité suffisant », mais qu'il convient d'en « maîtriser les coûts » et de disposer de procédures permettant de donner la priorité aux traductions essentielles, « ce qui suppose une gestion efficace des ressources ». Ils regrettent néanmoins que, dans certains cas, des informations politiquement importantes, qui devraient être traduites, figurent dans des annexes non traduites de documents.
Le Conseil note avec « satisfaction » que la Cour des comptes a constaté que les institutions sont généralement parvenues à répondre aux besoins de traduction dans les langues de l'UE-15 avec la qualité requise, notamment en faisant appel à des traducteurs indépendants. Mais il regrette que ces institutions aient « éprouvé des difficultés d'ordre structurel à fournir un volume suffisant de traductions d'une qualité acceptable dans les nouvelles langues de l'UE-10 ». Par ailleurs, le Conseil note qu'à l'exception de la Commission (pour 2002), les institutions n'ont pas calculé le coût total de la traduction et le coût moyen par page traduite. Il les invite à le faire et à transmettre ces informations à l'autorité budgétaire.
Le Conseil Ecofin se félicite que les institutions soient parvenues à « contenir » l'augmentation du volume de traduction et que la Commission et le Conseil aient pris des mesures à cette fin. Toutefois, il constate avec préoccupation que la productivité des services de traduction de l'UE est nettement inférieure à celle du secteur privé et que la productivité du Conseil est « systématiquement inférieure » à celle de la Commission et du Parlement. Le Conseil prend note du plan d'action à long terme du Secrétariat général du Conseil visant à réduire le nombre d'équivalents temps plein dans les unités linguistiques des langues de l'UE-15, en vue de parvenir à des chiffres généralement comparables pour toutes les unités linguistiques des langues de l'UE-27 en 2015 au plus tard.
Le Conseil déplore que les institutions n'aient pas été en mesure de recruter suffisamment de traducteurs dans les langues de l'UE-10 et recommande que des mesures soient prises pour remédier à cette situation (faire connaître les activités de traduction de la Communauté et stimuler l'intérêt pour celles-ci dans les dix nouveaux Etats membres et les pays candidats). Des mesures semblables s'imposent en qui concerne la Bulgarie et la Roumanie.
Enfin, il regrette qu'aucune des institutions ne dispose d'un système d'enquêtes permettant de mesurer le degré de satisfaction des destinataires des traductions, de procédures pour traiter les réclamations, ni de procédures claires et cohérentes pour les demandes de traduction. Les institutions devraient donc, selon les conclusions: - réaliser des contrôles de qualité dans chaque unité linguistique ; - mener des enquêtes de satisfaction auprès des utilisateurs ; - surveiller le respect des délais ; - prendre de nouvelles mesures pour contenir le volume des traductions (notamment limiter la taille des documents) ; - et améliorer l'efficacité du processus de traduction (utilisation plus large des outils informatiques, réduction de l'intervention des secrétaires, recours au télétravail et à des méthodes de travail fondées sur les meilleures pratiques). (lc)