Bruxelles, 19/02/2007 (Agence Europe) - Cette semaine, les ministres de l'Emploi et des Affaires sociales et la Commission européenne préparent leur contribution au Sommet européen de printemps des 8 et 9 mars prochains. Leurs deux rapports conjoints, l'un sur l'emploi, l'autre sur la protection sociale et l'inclusion sociale, ont été présentés ce lundi par la Commission. Le Conseil Emploi/Politique sociale, qui se réunit jeudi 22 février à Bruxelles, est appelé à les adopter. Les deux rapports conjoints Commission/Conseil seront ensuite présentés aux chefs d'Etat et de gouvernement et inclus dans les conclusions du Sommet de printemps. Co-présidé par les ministres fédéraux allemands Franz Müntefering (Travail et Affaires et sociales) et d'Ursula von der Leyen (Famille, Personnes âgées, Femmes, Jeunesse), le Conseil de jeudi planchera par ailleurs sur les changements démographiques, et plus particulièrement sur la contribution des personnes âgées au développement économique et social de la société. Dans ce cadre, Mme von der Leyen devrait expliquer son souhait d'établir « un Pacte européen pour les familles », un thème qui sera à l'ordre du jour du prochain Conseil EPSCO, les 30 et 31 mai à Bruxelles.
Voici le programme de la session de jeudi, à laquelle participera le Commissaire Vladimir Spidla: (1) Préparation du Sommet européen de printemps: les ministres entameront leurs travaux par un débat public sur les deux rapports conjoints (voir ci-dessous). Ils échangeront leurs points de vue sur la communication de la Commission « Mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi: résultats d'une année », et sur le rapport de la Commission sur « l'égalité entre les femmes et les hommes, 2007 ». Ils devraient également aboutir à un accord politique sur « la recommandation de la Commission pour une recommandation du Conseil relative à la mise à jour 2007 des grandes orientations de politique économique des Etats membres et de la Communauté ainsi que sur la mise en oeuvre des politiques de l'emploi des Etats membres ». La Présidence informera le Conseil de la préparation du Sommet social tripartite, qui se tiendra le 8 mars dans la matinée ; (2) Changements démographiques : les ministres auront ensuite un deuxième débat public « structuré » sur « les opportunités et les défis du changement démographique en Europe ». Dans ce cadre, ils seront appelés à adopter une résolution sur « la contribution des personnes âgées au développement économique et social » ; (3) Divers: les présidents du comité de l'emploi et du comité de la protection sociale présenteront, à la fin de la session, leur programme de travail pour 2007.
Rapport conjoint sur l'emploi 2006 -2007
Ce rapport émet des recommandations, parfois très spécifiques comme par exemple sur les systèmes de pension, aux Etats membres à propos de leur marché du travail. Cette année, seuls 19 Etats membres sur 25 (la Bulgarie et la Roumanie fraîchement entrées dans l'UE n'ont pu fournir un rapport complet fin 2006) ont reçu au moins une recommandation qui vise des domaines où un effort supplémentaire est nécessaire. L'Estonie, l'Irlande, le Danemark, la Finlande, le Luxembourg et la Suède n'ont fait l'objet d'aucune recommandation en raison de leurs progrès significatifs dans la mise en œuvre de leur programme de réforme. « Ce rapport rend compte des différents aspects de la stratégie de Lisbonne et constate que des progrès, bien qu'inégaux, ont été faits par les Etats membres », a souligné Robert Strauss (Commission européenne) lors d'un point presse. En établissant ce rapport, la Commission a ciblé trois priorités de la stratégie européenne pour l'emploi, a-t-il précisé: (1) celle visant à attirer et retenir un plus grand nombre de personnes sur le marché du travail « a plutôt bien marché dans tous les Etats membres en général » ; (2) la mise en œuvre des politiques visant à investir davantage dans le capital humain en améliorant l'éducation et les compétences « progresse quelque peu, bien qu'elle enregistre une quasi-stagnation en matière d'apprentissage tout au long de la vie » ; (3) les politiques destinées à améliorer la capacité d'adaptation des travailleurs et des entreprises accusent un certain retard. «C'est pourquoi la Commission met en avant l'approche 'flexicurité', laquelle devrait faciliter les transitions entre les différentes étapes de la vie et contribuer à accroître la productivité et à améliorer la qualité des emplois », a-t-il ajouté. Une communication de la Commission sur ce sujet est prévue pour l'été 2007. Elle exposera une série de solutions destinées à aider les Etats membres à trouver la combinaison de politiques adaptée à leurs marchés du travail, indique un communiqué qui rappelle que: (1) le chômage est tombé de 9,1% en 2004 à 8,8% en 2005, et le taux d'emploi s'est accru de 0,8% en 2005, soit l'augmentation la plus importante depuis 2001, mais 22 millions de nouveaux emplois doivent encore être créés pour atteindre les objectifs de l'UE d'ici 2010 ; (2) le nombre de personnes âgées occupant un emploi est passé de 41% en 2004 à 42,5% en 2005 et que malgré cela, beaucoup reste à faire pour atteindre l'objectif de 50% en 2010.
Rapport conjoint 2007 sur la protection sociale et l'inclusion sociale
Ce rapport, qui ne donne pas lieu à des recommandations aux Etats membres, comme l'a indiqué Jérôme Vignon (Commission) au cours du même point presse, examine les « toutes premières stratégies nationales intégrées » en matière d'inclusion sociale, de pensions, de soins de santé et de soins de longue durée. Cette première s'inscrit dans le contexte du vieillissement démographique et de l'intensification de la mondialisation, note la Commission. Le rapport analyse les grandes tendances dans l'UE et dans ses Etats membres (sauf la Bulgarie et la Roumanie pour les raisons mentionnées ci-dessus) et comprend des fiches par pays indiquant les défis essentiels qui se posent dans chacun d'entre eux. Les principaux messages qui ressortent de l'analyse des rapports nationaux sont: (1) les Etats membres doivent renforcer leur engagement à réduire la pauvreté des enfants ; (2) l'inclusion sociale est la meilleure façon d'intégrer le plus d'exclus dans la société ; (3) en matière de soins de santé et de longue durée, les Etats membres doivent garantir l'égalité d'accès de tous à des services de grand qualité grâce à une utilisation plus efficace des ressources, tant sous l'angle de la répartition que celui des dépenses ; (4) nécessité de moderniser les retraites. (gb)