Bruxelles, 29/01/2007 (Agence Europe) - Les cinq organismes internationaux chargés de gérer la pêche aux thonidés dans l'Atlantique et en Méditerranée ont finalisé un accord, vendredi 26 janvier à Kobe, au Japon, sur la mise en place d'un programme de sauvegarde des stocks de thon rouge, une espèce menacée par les captures excessives. L'accent est mis surtout sur les efforts de lutte contre la pêche illégale, tandis que les membres des ces organisations régionales compétentes, qui représentent au total plus de soixante pays, ne se sont pas prononcés sur la répartition des quotas des diverses espèces de thons, dont le thon rouge. La Commission européenne s'est félicitée des décisions prises par ces organisations pour lutter contre les activités illégales de pêche, tout en appelant les acteurs à mettre en œuvre rapidement les mesures entérinées.
La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), la Commission pour la conservation et la gestion des stocks de poissons grands migrateurs dans l'océan Pacifique occidental et central (WCPFC), la Commission des thons de l'océan Indien (CTOI), la Commission interaméricaine pour les thons tropicaux (Inter-American Tropical Tuna Commission, IATTC) et la Commission pour la conservation du thon rouge du sud (Commission for the Conservation of Southern Bluefin Tuna, CCSBT) reconnaissent, dans une déclaration, « la nécessité urgente de mettre un terme au déclin des stocks de thon décimés et de ramener ces stocks à des niveaux durables ». Le plan d'action prévoit d'améliorer la coordination entre les cinq organismes en matière de contrôle du commerce mondial du thon, grâce à un système d'étiquetage des produits et de partage d'informations. Il permet surtout la mise en commun des listes noires des bateaux accusés de pratiquer la pêche illégale. En revanche, aucun système mondial de quotas de pêche n'a été adopté car « ce n'était pas le but de la réunion », a expliqué Katsuma Hanafusa, un responsable de l'Agence des pêches japonaise, cité par l'AFP, qui a ajouté: « si nous avions essayé d'inclure des objectifs chiffrés dans le plan, la négociation ne se serait jamais terminée ».
Du côté des écologistes, la déception est perceptible. « Ce n'est pas une semaine historique pour le thon. La réunion n'a pas débouché sur des actions concrètes », a regretté par exemple Katherine Short, du WWF. Les cinq gendarmes de la pêche au thon se retrouveront en janvier 2009, en Espagne, pour tirer un premier bilan des progrès réalisés dans la mise en œuvre de ce programme de sauvegarde des stocks de thon rouge. (lc)