Bruxelles, 19/09/2006 (Agence Europe) - Le Commissaire à l'Energie Andris Piebalgs a indiqué mardi prendre « très au sérieux » la décision de Moscou de retirer à Royal Dutch Shell le permis d'exploitation du projet pétrolier et gazier Sakhaline-2 dans l'extrême est de la Russie. Le ministère russe des Ressources naturelles avait annoncé lundi l'annulation de l'« expertise écologique » (autorisation environnementale) accordée à Shell pour le projet Sakhaline-2 dont le groupe anglo-néerlandais possède 55% et qui, estimé à près de 16 milliards d'euros, est le plus important investissement privé jamais engagé dans le secteur énergétique dans le monde. « Pour que les compagnies soient disposées à investir dans des projets énergétiques de plusieurs milliards d'euros, il est nécessaire de leur offrir, en Russie comme dans l'UE ou dans tout autre pays, un climat d'investissement sûr et prévisible. Sans cela, les investissements dans de nouveaux projets énergétiques deviennent hautement problématiques », avertit M. Piebalgs dans un communiqué. « Tout pays a le droit légitime et même l'obligation de veiller à ce que toute extraction sur son territoire respecte les normes environnementales les plus élevées », reconnaît-il, tout en précisant: si de tels problèmes ont été constatés pour Sakhaline-2, « ils doivent être identifiés clairement et sans ambiguïté et Shell doit disposer d'un délai approprié pour les résoudre selon des critères clairs et bien définis à l'avance ». « Le fructueux partenariat UE-Russie est fondé sur le respect mutuel de la transparence, la prévisibilité et la non discrimination, ce qui s'applique aussi bien à la possibilité des compagnies européennes d'investir en Russie qu'au droit des compagnies russes de vendre librement leur gaz et leur pétrole en aval et en amont dans l'Union », ajoute M. Piebalgs qui devait adresser dès mardi une lettre au ministre russe de l'Energie Viktor Kristenko, lui offrant son soutien pour « trouver rapidement une solution à ce problème ».