Bruxelles, 18/09/2006 (Agence Europe) - S'exprimant lundi à la Churchill Lecture à Berlin, le Commissaire au Commerce Peter Mandelson a donné une première esquisse de sa nouvelle stratégie commerciale qui verra le jour le 4 octobre via une communication de la Commission sur la compétitivité externe de l'Union. Face aux craintes que suscite la mondialisation, M. Mandelson souhaite renforcer la stratégie communautaire d'accès au marché (ouverture des marchés extérieurs) pour garantir un traitement équitable aux exportateurs de l'UE tout en assurant l'ouverture de l'Europe aux importations. « Nous avons besoin d'économies fortes et ouvertes pour préserver la base fiscale nécessaire au financement de nos modèles sociaux. Et les économies compétitives sont bâties sur le commerce », a souligné M. Mandelson, dont l'approche « activiste » en matière d'accès au marché vise en particulier les marchés émergents, Chine et Brésil notamment. Assurant ne pas vouloir « ouvrir les marchés de force », M. Mandelson souligne la nécessité pour l'Union d'obtenir de « meilleures conditions » pour l'ouverture des marchés, l'accueil des investissements et la protection de la propriété intellectuelle. Pour y parvenir, l'Union doit « adapter » les instruments de la politique commerciale « aux nouveaux défis »: d'une part réviser les instruments de défense commerciale (règles antidumping), de l'autre négocier des accords bilatéraux et régionaux de libre-échange (ALE) de « nouvelle génération ». Tout en réaffirmant l'engagement de l'UE dans le système commercial multilatéral, la stratégie commerciale révisée de la Commission proposera de « compléter cette approche par une nouvelle génération d'ALE avec les marchés à croissance rapide ». « Alors que l'Union continue à être compétitive sur les marchés globaux d'exportation, les compagnies européennes perdent du terrain sur les marchés des produits de haute technologie et sur les marchés à croissance rapide. Internationalement, nos entreprises sont performantes dans les pays où la demande est statique. Mais dans les pays à forte croissance, en particulier en Asie, nous sommes moins performants », a insisté M. Mandelson, avant de plaider pour la conclusion d'ALE « conçus pour fournir des marchés libres plus libres et des conditions de commerce plus justes dans de nouveaux domaines de croissance, en particulier en Asie ». Outre la relance des négociations avec le Mercosur et l'Amérique centrale, la Commission a engagé des discussions préliminaires avec l'Inde, la Corée du Sud et l'ASEAN, et souhaite obtenir d'ici la fin de l'année des mandats de négociation du Conseil. Pour M. Mandelson, de tels accords permettraient de renforcer le processus de négociations multilatérales dans des domaines particuliers comme les services, les marchés publics, la politique de concurrence et l'harmonisation réglementaire.