Bruxelles, 22/08/2006 (Agence Europe) - Après l'adoption de la Résolution 1701 du Conseil de sécurité qui ouvre la voie au renforcement de l'Unifil au Liban, la Présidence finlandaise du Conseil de l'UE a convoqué le 23 août à Bruxelles, à la demande notamment de la France et de l'Italie, une réunion du Comité politique et de sécurité de l'UE (Cops) au niveau des hauts fonctionnaires, afin de vérifier la disponibilité des Etats membres de l'UE à contribuer à ce renforcement. Entre-temps, le ministre italien des Affaires étrangères Massimo D'Alema a demandé à la Présidence - qui est en train de consulter les Etats membres à ce sujet- de convoquer « le plus tôt possible » une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE afin de définir les modalités et le mandat de la mission européenne au Liban. Selon l'agence italienne Ansa, des sources de la Farnesina ont indiqué que la rencontre pourrait se tenir dès le 25 août. Par ailleurs, le Premier ministre italien Romano Prodi a confirmé à Kofi Annan que l'Italie était disposée à prendre le commandement de la Force de paix au Liban (l'Italie devrait, avec
2 000 à 3 000 effectifs, contribuer à hauteur d'un tiers aux troupes offertes par l'UE, a indiqué M. D'Alema à La Repubblica).
Au Parlement européen, les présidents de la commission des Affaires étrangères et de la sous-commission « défense et sécurité », Elmar Brok et Karl von Wogau, ont estimé que la nouvelle force au Liban devra comporter un fort noyau européen. La contribution européenne commune « compléterait les efforts diplomatiques » de l'UE, disent dans un communiqué les deux démocrates-chrétiens allemands, qui excluent toute participation de troupes allemandes de combat. Le social-démocrate allemand Jo Leinen, président de la commission des affaires constitutionnelles, parle dans un communiqué d'une « tragédie de première classe », en notant que l'Europe « se montre encore une fois divisée », alors que des pays en développement comme le Bangladesh et la Malaisie « offrent plus d'aide à l'ONU que tous les 25 membres de l'UE ». Sans Constitution européenne, sans ministre des Affaires étrangères, l'UE « n'a pas de voix » et ne peut pas agir, déplore-t-il, en appelant Javier Solana à « présenter une contribution coordonnée de l'UE en appui à la Résolution 1701 ». Quant à Francis Wurtz, président du groupe GUE/NGL, il demande pour la plénière de septembre (du 4 au 7 septembre) un débat sur « la situation au Proche-Orient et le rôle de l'Union européenne », conclu par une résolution, et insiste sur la participation de Javier Solana à ce débat.
Dès le 24 août, les élus européens membres de l'Assemblée parlementaire euroméditerranéenne (Apem) examineront avec ceux des Etats membres et des pays partenaires méditerranéens la question de savoir « quel nouveau Moyen-Orient émergera-t-il de la guerre du Liban ? » , lors d'une réunion extraordinaire du Bureau de l'Assemblée à laquelle participeront le Président Borrell, le Président de l'Apem Fouad Mebazaa (président de la Chambre des députés de Tunisie), Anna Benaki Psarouda, Présidente du parlement grec, et Ahmed Fethi Sorour, Président de l'Assemblée du Peuple d'Egypte. Le socialiste espagnol Carlos Carnero indique dans un communiqué qu'à cette occasion les parlementaires proposeront notamment d'envoyer une délégation de l'Apem au Liban. (Dès le 9 août, les quatre présidents avaient, dans une déclaration commune, appelé le Conseil de sécurité de l'ONU et l'UE à assumer leur rôle pour rétablir le dialogue au Moyen-Orient, et tous les parlements membres de l'Apem à exercer leur influence sur leurs gouvernements respectifs afin de mettre fin au conflit).
Le Commissaire au développement et à l'aide humanitaire Louis Michel, accompagné de la ministre finlandaise du Développement Paula Lehtomäki, a eu pour sa part des entretiens au Liban puis, le 17 août, en Israël, où il a demandé notamment de lever le blocus israélien imposé au Liban, pour permettre à la population de recevoir l'aide humanitaire, et de fournir toutes les cartes restantes des mines terrestres au Liban (des mines qui menacent en particulier ceux qui rentrent au Sud-Liban après le cessez-le-feu). Le Commissaire à l'environnement Stavros Dimas, lui, a participé le 17 août à Athènes à une rencontre convoquée pour coordonner les actions de suivi à lancer après les premières interventions du Centre de surveillance et d'information de la Commission européenne visant à faire face à la marée noire qui a contaminé jusqu'à présent 20 à 30 km de côtes libanaises, après les bombardements qui ont détruit un réservoir de stockage à la centrale électrique de Jieh (voir EUROPE N.9243).