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Bulletin Quotidien Europe N° 9243
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/libre circulation

ECAS souhaite que les citoyens européens revendiquent leur droit à la libre circulation des travailleurs

Bruxelles, 31/07/2006 (Agence Europe) - Deux ans après l'élargissement de l'UE à dix nouveaux Etats membres, la libre circulation des travailleurs au sein de l'UE n'est pas une réalité identique pour tous les citoyens des 25. Des mesures transitoires restreignant l'accès au marché du travail ont été instaurées dans la plupart des anciens Etats membres (sauf au Royaume-Uni, en Irlande et en Suède) qui imposent des restrictions aux pays d'Europe centrale et orientale (seuls Chypre et Malte ont pu bénéficier de la libre circulation au jour de l'adhésion). Cette différenciation ne durera pas au-delà de mai 2009 et s'efface même progressivement à mesure que certains Etats membres abandonnent tout ou partie de leurs gardes-fous. Mais si ces barrières légales tombent, des obstacles existent toujours. Avec seulement 2% des citoyens européens vivant dans un autre Etat membre que leur pays d'origine, l'UE a fait de 2006, l'année de la mobilité. Or pour l'organisation ECAS (European Citizen Action Service), l'écart reste grand entre ceux qui souhaitent se déplacer au sein de l'UE pour des raisons professionnelles et ceux qui le font effectivement. L'organisation, dont le président est l'ancien Commissaire Mario Monti, tente ainsi d'identifier les freins à d'une liberté de circulation des travailleurs qui soit à la fois reconnue à tous et susceptible d'être exercée pleinement.

En attendant un prochain rapport, qui sera publié en septembre et fera le point sur la situation des flux migratoires dans l'UE à 25 depuis l'élargissement, ECAS a présenté lundi à la presse une synthèse des restrictions nationales encore en vigueur après le 1er mai 2006. Au 30 avril dernier prenait en effet fin la première phase des périodes transitoires applicables aux travailleurs des Etats membres issus du dernier élargissement, et certaines évolutions ont eu lieu depuis. Comme le constatait la Commission dans son rapport de février 2006, les flux migratoires liés au travail sont restés faibles et inférieurs aux prévisions. Si l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas ont décidé de maintenir les restrictions édictées en 2004, certains Etats membres, comme la Finlande, la Grèce, le Portugal, l'Espagne, la Slovénie, ou très récemment l'Italie, ont décidé de mettre fin aux mesures transitoires. D'autres ont en revanche annoncé un assouplissement des règles et un raccourcissement des délais d'obtention de permis de travail pour les travailleurs de certains secteurs (France, Belgique, Danemark et Luxembourg). Si l'on tient compte du fait que, dès qu'ils sont dans un autre pays de l'UE, de nombreux travailleurs des nouveaux Etats membres acceptent des emplois inférieurs à leurs qualifications, un tel système a le mérite de cibler dès le départ les personnes dont le profil correspond à la demande et qui sont susceptibles d'obtenir un emploi à la hauteur de leurs compétences. Dans les nouveaux Etats membres on craint parfois une « fuite des cerveaux », mais, au moins, on n'assiste pas à un « gâchis des cerveaux », a considéré lundi le Directeur d'ECAS, Tony Venables, qui entend toutefois aller plus loin.

Du 1er août au 30 septembre ECAS propose ainsi un numéro d'appel (le +32 (0)2 512 59 68) et une adresse électronique (hotline@ecas.org) accessibles aux particuliers et aux organisations désireux d'obtenir une assistance et d'alerter sur les obstacles rencontrés dans l'exercice de leurs droits à la libre circulation des travailleurs au sein de l'Union européenne. L'objectif du dispositif intitulé « Free Movement Rights Hotline », est de collecter un maximum d'exemples concrets sur les difficultés auxquelles font toujours face les citoyens européens des nouveaux Etats membres lorsqu'ils veulent travailler dans un ancien Etat membre. Il s'agit aussi d'évaluer dans quelle mesure les périodes transitoires annoncées comme plus flexibles le sont réellement, et de permettre aux citoyens de se faire entendre. « Malgré la crise sur le Traité constitutionnel, l'Union européenne a fait de sérieux progrès, qui restent toutefois assez méconnus, pour accroître la liberté de circulation des citoyens européens », a déclaré M. Venables. « La balance penche vers l'annulation des restrictions transitoires pour les travailleurs des nouveaux Etats membres, plutôt que vers leur augmentation », a-t-il souligné, en estimant que « le moment est idéal pour que les citoyens revendiquent leurs droits ». Avec désormais une majorité d'anciens Etats membres (8 sur 15) ayant suspendu les mesures transitoires « nous allons dans le bon sens », a-t-il poursuivi, jugeant que si l'on n'avait pas besoin de réclamer de nouveaux droits, il fallait assurer une mise en œuvre équitable des règles existantes. Surtout, pour combler le manque d'information, il faudrait augmenter les ressources des services de conseil et de renseignement dans les anciens Etats membres, qui souffrent souvent d'effectifs insuffisants pour aider correctement les travailleurs migrants de l'UE à leur arrivée, a enfin plaidé M. Venables. Ainsi, un questionnaire accompagne l'initiative d'ECAS qui se prolongera jusqu'à la fin septembre. Cette période, où en Europe ont traditionnellement lieu de nombreuses foires consacrées à l'emploi, pourrait en effet s'avérer particulièrement révélatrice de la situation délicate qui prévaut pour de nombreux travailleurs.

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