Bruxelles 31/07/2006 (Agence Europe) - Le Conseil Relations extérieures et Affaires générales se réunit en session extraordinaire, ce mardi 1er août à Bruxelles, pour faire le point sur la situation au Liban. Une réunion qui a pour but de montrer que l'UE continue à se mobiliser activement et qui s'inscrit dans le contexte des efforts diplomatiques entrepris par la communauté internationale, notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, pour mettre un terme à la guerre qui oppose Israël au Hezbollah.
C'est dans le cadre d'un déjeuner, éventuellement suivi par une session de travail si nécessaire, que les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réuniront pour traiter de tous les aspects de la crise: fin immédiate des hostilités, cessez-le-feu, règlement politique du conflit, déploiement éventuel d'une force internationale au Sud Liban et, naturellement, volet humanitaire. Le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja, et la Commissaire chargée des relations extérieures Benita Ferrero-Waldner présenteront aux ministres un rapport sur les visites qu'ils ont effectuées dans la région, et sur leurs entretiens avec les principaux partenaires de l'UE. Les ministres discuteront aussi de la situation dans les territoires palestiniens, notamment à Gaza, un peu oubliée par la presse qui a les yeux rivés sur le Liban. A la suite de la Conférence de Rome, l'objectif est de montrer que l'UE continue à rester engagée, aussi bien d'un point de vue diplomatique qu'humanitaire, et qu'elle se prépare à soutenir les efforts internationaux en cours, notamment au sein du Conseil de sécurité, pour mettre fin à la crise. A l'heure où nous mettions sous presse, on ne savait pas encore si, aux termes de ses travaux, le Conseil adoptera des conclusions formelles ou s'il s'agira d'une simple déclaration de la présidence du Conseil. Le Comité des représentants permanents de l'UE (Coreper) doit en principe se réunir avant la réunion, mardi matin.
Lundi, la France devait présenter, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, un projet de résolution prévoyant une cessation immédiate des hostilités, la création des conditions nécessaires pour un cessez-le-feu permanent et une solution politique durable, le déploiement d'une force internationale à la frontière israélo-libanaise. Une force à laquelle la France est prête à participer à condition d'obtenir un cessez-le-feu et un accord politique entre les deux parties, a expliqué le Premier ministre français Dominique de Villepin, selon Reuters. Citant des responsables israéliens et des diplomates occidentaux, Reuters ajoute que, si le Conseil de sécurité approuve cette résolution cette semaine, un premier contingent pourrait arriver sur le terrain dès la semaine prochaine. Une réunion « préliminaire » des pays qui pourraient « potentiellement » contribuer à une telle force devait d'ailleurs avoir lieu, lundi. Outre la France, plusieurs autre pays de l'UE seraient prêts à participer à cette force - l'Irlande, la Suède, l'Espagne et l'Italie - mais son déploiement nécessitera la contribution de beaucoup d'autres pays, pas uniquement européens.
De son côté, la Secrétaire d'Etat américaine, Condolezza Rice, a estimé qu'un cessez-le-feu et une solution durable à la crise étaient possibles cette semaine. Depuis Jérusalem, où elle était le 31 juillet avant de regagner Washington, Mme Rice a annoncé que les Etats-Unis vont eux aussi présenter cette semaine, au Conseil de sécurité, un projet de résolution comportant un cessez-le-feu, le règlement politique du conflit et la création d'une force internationale au Liban. Elle a en outre obtenu d'Israël une suspension de ses frappes aériennes au Sud Liban pendant 48 heures, qui a pris effet le 31 juillet au matin. Pendant ce laps de temps, Israël a accepté de s'organiser avec les Nations unies pour aménager une période de 24 heures pendant lesquelles les civils libanais qui le souhaitent pourront quitter la région du Sud Liban. Mais Israël a fait savoir que sa décision ne signifiait en aucun cas la fin du conflit.
Cette décision intervient au lendemain du bombardement par l'armée israélienne d'un immeuble d'habitation à Cana, au Sud Liban, qui a tué près de 60 civils libanais dont une majorité d'enfants. Réunis d'urgence le 30 juillet, à la demande du Secrétaire général Kofi Annan, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité une déclaration dans laquelle il exprime « son extrême choc et sa détresse », mais sans condamner explicitement l'Etat hébreu. Dans un communiqué, Javier Solana, a lui aussi exprimé son profond « désarroi » pour « la mort de civils innocents à Qana »: « rien ne peut justifier cela », l'UE « continue à travailler pour obtenir un cessez-le-feu immédiat », affirme-t-il.