Bruxelles, 31/07/2006 (Agence Europe) - « Les Etats-Unis et le Brésil estiment qu'une percée dans les négociations de Doha est encore possible », ont indiqué le ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim et la représentante américaine au Commerce Susan Schwab, à l'issue d'une rencontre bilatérale à Rio samedi dernier. « S'il doit y avoir une avancée, elle doit se produire dans les cinq à sept prochains mois afin que nous puissions conclure le cycle dans un délai raisonnable », a ajouté M. Amorim. Selon Mme Schwab, il serait « difficile d'imaginer après cela qu'on ne perdra pas une grande partie de l'impulsion », le risque étant de se retrouver « dans un scénario de deux à trois ans pour conclure un accord ou pas du tout ». « Un déblocage ne tombera pas du ciel et d'autres réunions seront nécessaires », a renchéri M. Amorim. Loin de reconnaître l'isolement américain dans les négociations, Mme Schwab a de nouveau averti que « les Etats-Unis ne seront prêts à faire preuve de flexibilité en matière de réduction des soutiens interne que s'ils voient davantage de concessions en matière d'accès au marché ». Dans le Financial Times de lundi, Peter Mandelson estime pour sa part qu'un accord « peut encore être récupéré des cendres de Doha » si le Président Bush parvient à convaincre le Congrès de prolonger le mandat de négociation confié a l'administration américaine, le Fast Track. « M. Bush devrait choisir cette option pour deux raisons. La première est que le président Bush est favorable au libre échange et n'est pas idéologiquement engagé en faveur des subventions (…). La seconde est que M. Bush sait qu'un échec renforcerait ceux qui (…) se retranchent dans le protectionnisme. Un échec minerait le système OMC (…) et rendrait plus difficile l'ancrage des pays émergents au commerce libre et loyal », estime-t-il avant d'appeler les Etats-Unis à « réduire de pas plus de quelques milliards de dollars ce qu'ils dépensent aujourd'hui en soutiens qui engendrent des distorsions des échanges », et leurs partenaires à « revenir à la table des négociations ».