Bruxelles, 27/07/2006 (Agence Europe) - Même si les participants à la conférence internationale de Rome sur le Liban ne sont pas parvenus mercredi à se mettre d'accord sur un appel à un cessez-le-feu immédiat au Liban (voir EUROPE n° 9240), la Commission s'est dite néanmoins satisfaite des résultats de la conférence, notamment du soutien unanime en faveur de l'ouverture de corridors pour assurer l'acheminement rapide de l'aide humanitaire aux victimes civiles. Dans sa déclaration finale, la conférence de Rome avait favorablement accueilli l'annonce du gouvernement israélien qu'il acceptait la création de tels corridors, ainsi que des vols de secours vers l'aéroport de Beyrouth. « Nous considérons aussi comme un aspect positif le fait que les participants à la conférence de Rome se soient entendus sur le principe d'un cessez-le-feu », même s'il n'était pas possible de trouver une position commune sur le calendrier d'une fin des hostilités, a dit jeudi à la presse un porte-parole de la Commission. Le soutien unanime de la conférence au déploiement d'une force internationale au Liban est également positif, a-t-il ajouté. Les perspectives d'un cessez-le-feu et d'une force multinationale au Liban sont au centre des pourparlers que le Président du Conseil de l'UE Erkki Tuomioja et la Commissaire Benita Ferrero-Waldner avaient jeudi et vendredi à Beyrouth, en Israël et à Gaza, a dit le porte-parole. Les deux responsables européens feront rapport de leur visite aux ministres des Affaires étrangères de l'UE lors de la réunion extraordinaire du Conseil convoquée pour le 1er août.
Entre-temps, le Président Chirac a réitéré son appel pour un cessez-le-feu immédiat comme condition indispensable pour mettre en place une force internationale au Liban qui, selon M.Chirac, ne doit pas être une force de l'OTAN. « La force multinationale suppose des conditions impératives. La première, c'est l'acceptation du cessez-le-feu par l'ensemble des protagonistes. La deuxième, c'est l'acceptation du principe même d'une force internationale par les différentes parties. Et la troisième, c'est que cette force internationale soit sous chapitre VII de l'ONU », dit le Président français dans une interview au Monde du 27 juillet. Pour la France, il est exclu que cette force émane de l'OTAN car, « pour des raisons techniques, mais aussi pour des raisons politiques, l'OTAN n'est pas faite pour ce genre d'intervention », souligne M.Chirac. « L'OTAN est perçue, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions et, par conséquent, en termes d'image, l'OTAN n'a pas vocation à cela ». En revanche, il faudrait une force multinationale composée de « nations qui sont volontaires ». La France serait-elle prête à assurer le commandement d'une telle force ? « La France a toujours assumé ses responsabilités au Liban. Elle se déterminera selon un certain nombre de conditions. Nous souhaitons un cessez-le-feu, un engagement politique et une force internationale chargée d'appliquer, dans des conditions strictement précisées, cette politique. A ce moment-là, nous verrons », répond M. Chirac. Le désarmement du Hezbollah est une tâche qui incombera de toute façon au gouvernement libanais (dont le Hezbollah fait actuellement partie), ce qui exigera un accord politique entre les deux, estime M. Chirac.
Mercredi, l'Allemagne s'est aussi prononcée contre l'idée - surtout américaine - de recourir à la Force de réaction de l'OTAN (Nato Response Force, NRF) pour constituer une force de stabilisation au Liban.