Bruxelles, 10/07/2006 (Agence Europe) - L'envoyé spécial des Nations unies pour les négociations sur le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, va présenter le 13 juillet à New York, au Conseil de sécurité, l'état des négociations en cours entre Belgrade (Serbie) et Pristina (Kosovo) sur le futur statut du Kosovo. Il fera de même le 17 juillet, à Bruxelles, devant le Conseil Relations extérieures et Affaires générales de l'UE. En dépit des difficultés rencontrées jusqu'à présent sur le volet technique de ces négociations, il veut aller de l'avant et souhaiterait entamer rapidement les négociations politiques sur le statut final de la province, a expliqué le 7 juillet un diplomate européen.
Depuis le lancement des pourparlers sur le volet technique des négociations entre Belgrade et Pristina, en février à Vienne, force est de constater que les avancées ont été faibles. S'il existe des « convergences de vues » et des « possibilités d'accord » sur certaines questions (décentralisation, héritage culturel ou aspects économiques), sur d'autres, on fait du surplace, comme sur les droits des minorités, que Belgrade a refusé jusqu'à présent d'aborder, a expliqué un diplomate européen. Il n'empêche, M. Ahtisaari est « prêt » à passer au niveau suivant et souhaiterait entamer les négociations politiques sur le statut tout en poursuivant parallèlement les négociations techniques, ajoute ce diplomate. Dans ce contexte, il envisagerait de convier, fin juillet à Vienne, les Président et Premier ministre serbes, Boris Tadic et Vojislav Kostunica, et leurs homologues kosovars, Fatmir Sejdiu et Agim Ceku.
Reste que, malgré la bonne volonté de M. Ahtisaari, le chemin à parcourir est encore très long. « Nous ne sommes pas à la fin, même pas au début de la fin » des négociations, a reconnu le même diplomate. En effet, les deux parties restent ancrées sur leurs positions: les Albanais du Kosovo veulent l'indépendance, Belgrade est d'accord pour une autonomie poussée, mais à l'intérieur des frontières de la Serbie. Concilier les positions des deux parties semblent extrêmement difficile, voire impossible et, en cas de blocage durable, c'est la communauté internationale qui devra sceller le sort de la province. « Une solution négociée » satisfaisante pour Belgrade et Pristina « est préférable », mais « personne ne peut bloquer ce processus » indéfiniment, et « si un accord n'est pas possible », alors le Conseil de sécurité « devra prendre ses responsabilités », a expliqué la même source. En clair, décider, à l'unanimité, du futur statut de la province.
Le Groupe de contact pour le Kosovo (Etats-Unis, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni) s'est fixé comme objectif de faire tous les efforts nécessaires pour parvenir à un accord sur le statut du Kosovo d'ici la fin 2006. Mais différents facteurs, comme les prochaines élections en Serbie, pourraient retarder le processus, a indiqué à EUROPE un observateur. Sans compter que la Russie, qui n'est pas très favorable à l'indépendance du Kosovo, n'est pas aussi pressée que ses partenaires du Groupe de contact de voir le processus de négociation achevé en 2006.
Quelle que soit l'issue des négociations (et même si l'on se dirige inévitablement vers l'indépendance de la province, comme certains semblent le penser), une chose est sûre: une présence internationale civile et militaire sera indispensable pendant de longues années notamment pour garantir la mise en œuvre du règlement de son statut et assurer la sécurité au Kosovo, en particulier la protection des minorités. Sans compter que le Kosovo aura besoin encore pendant longtemps de l'aide financière de la communauté internationale.