Bruxelles/Helsinki, 10/07/2006 (Agence Europe) - Après la rencontre du 6 juillet à Helsinki entre la Troïka « Sociale » et les représentants des partenaires sociaux européens et de la Plate-forme des ONGs sociales européennes (voir EUROPE n° 9227 et 9228), les ministres des Affaires sociales et de la Santé de l'UE se sont attelés, le lendemain, aux défis de la mondialisation et du vieillissement de la population. Les discussions se sont déroulées au sein de trois ateliers consacrés (1) à la productivité et à la qualité de la vie professionnelle, (2) au prolongement de la vie professionnelle, (3) à la promotion de la santé sur le lieu de travail (voir EUROPE n° 9219). Ont participé aux travaux de cette réunion informelle les ministres de l'UE élargie, des pays candidats à l'UE et de Norvège (qui préside actuellement l'AELE), indique un communiqué de la Présidence finlandaise
A l'issue des travaux, la ministre finlandaise Tarja Filatov (Travail) a déclaré devant la presse que la Finlande allait promouvoir le concept de productivité dans toutes les composantes du Conseil et au sein du Comité de l'Emploi et qui « la productivité, qui est un des moyens de répondre à la mondialisation et au vieillissement de la population, et la flexicurité seront à l'ordre du jour du Sommet Social Tripartite et du Conseil européen informel d'octobre à Lahti ». En matière de promotion de la santé, « beaucoup reste à faire », a reconnu sa collègue Liisa Hyssälä (Santé et Services sociaux). Les travaux de vendredi dernier ont fait ressortir l'urgence d'une politique de prévention sur le lieu de travail en ce qui concerne la lutte contre l'alcool, le tabac, le stress, l'absentéisme ou encore le manque d'exercice physique. « Travail et santé sont liés en termes de productivité et de croissance économique », a-t-elle ajouté. La ministre Tuula Haatainen (Affaires sociales et Santé) a insisté sur le fait que « le fait de vivre plus longtemps et en bonne santé, mais aussi l'égalité des genres sont des résultats positifs des politiques que nous avons menées ».
« Nous devons continuer à travailler pour garantir que le lieu de travail est un lieu sain », a enchaîné le Commissaire Markos Kyprianou (Santé, Protection des consommateurs) en annonçant le lancement par la Commission, après l'été, d'une nouvelle stratégie en matière de lutte contre l'abus d'alcool et en 2007, d'un papier stratégique sur la lutte contre l'obésité. Le Commissaire a également souligné l'importance de travailler sur les questions de santé non seulement entre ministres de la Santé mais aussi avec les ministres de l'Emploi, des Affaires sociales, de l'Environnement et de l'Education.
« L'évolution démographique sera la force motrice principale de nos politiques dans le domaine social, de l'emploi et de la santé », a déclaré quant à lui le Commissaire Vladimir Spidla (Affaires sociales/Emploi/Egalité) en avertissant: aujourd'hui, nous avons, dans l'UE, quatre personnes en âge de travailler pour un retraité, mais en 2050, ce ratio sera de deux pour un ! Pour M. Spidla, il est primordial de:
- faciliter la conciliation entre vie de famille et vie professionnelle (car trop de femmes et de personnes âgées de 55 à 64 ans sont en dehors du marché du travail) ; - appliquer une politique de vieillissement actif, comme l'exige la stratégie de Lisbonne. « Je ne veux pas seulement dire qu'il faut repousser l'âge de la retraite, même si cela est, à mon avis, essentiel. Nous devons aussi promouvoir la santé sur le lieu du travail et dans les modes de vie. Nous devons améliorer l'accès des personnes plus âgées à la formation et nous avons aussi besoin de plus de souplesse du point de vue du temps de travail et de l'organisation du travail pour permettre à ces personnes de participer activement à la vie professionnelle », a conclu Vladimir Spidla.