Luxembourg, 02/06/2006 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Intérieur sont arrivés vendredi à un compromis sur l'adaptation de la base de données policières de l'espace Schengen en vue d'y permettre l'adhésion de nouveaux Etats membres fin 2007, a indiqué la ministre autrichienne de l'Intérieur Liese Prokop, en sa qualité de présidente du Conseil. « Il ne nous reste plus qu'à maintenir la cadence politique et technique pour respecter les délais imposés », a estimé le commissaire Franco Frattini. Les membres de l'espace Schengen (les 15 « anciens » pays membres, moins le Royaume-Uni et l'Irlande, mais avec la Norvège et l'Islande) ont supprimé en 1995 les contrôles à leurs frontières internes et ont en contrepartie créé le Système d'information Schengen, une base informatique qui relie leurs autorités (police, gendarmerie, justice, douanes). La mise en place du SIS de deuxième génération (SIS II) constitue une condition sine qua non de la participation des nouveaux Etats membres à un espace de sécurité sans frontières intérieures. Le SIS n'avait en effet pas la capacité d'absorber les dix nouveaux venus dans l'UE en 2004, plus la Suisse qui a adhéré à Schengen l'année dernière. La principale difficulté des ministres pour arriver à un compromis sur texte du SIS II résidait dans le choix de la base juridique. De plus de nombreux Etats souhaitaient que le SIS II soit utilisé seulement pour garantir la sécurité aux frontières extérieures de l'espace Schengen et pas à l'intérieur. « Nous avons franchi un grand pas en avant en parvenant à un accord politique sur ce texte», a déclaré M. Frattini lors d'une conférence de presse. Le SIS II a pour principal vocation de renforcer le dispositif d'identification des personnes grâce au stockage de données biométriques (photographies et empreintes digitales). Le Parlement européen voulait avant tout s'assurer que SIS II ne transgresse pas la législation relative à la protection des données personnelles. Le Conseil a cédé sur ce dernier point mais il n'a en revanche pas renoncé à l'inclusion dans le système des données biométriques (empreintes digitales et photos numérisées). Deux ans après que les données biométriques seront intégrées dans le SIS II, une évaluation devrait avoir lieu pour s'assurer de leur utilité. Initialement programmée en avril 2007, la mise en place du SIS II ne devrait pas intervenir avant le mois d'octobre de la même année. Les 25 pays de l'UE devront être prêts pour que le système puisse être mis en place. Huit des nouveaux Etats membres accuseraient cependant du retard au niveau de la mise en place technique. Le Système d'information Schengen (SIS), installé à Strasbourg, rassemble quelque 13 millions de signalements, dont plus de 90% concernent des objets volés. Quelque 800.000 personnes -indésirables, recherchées par la justice y sont également inscrites. Les ministres espèrent que les députés européens seront en mesure de se rallier à ce compromis dès la première lecture du texte cet été.