Bruxelles, 23/05/2006 (Agence Europe) - L'ancien Président de la Commission européenne Jacques Delors, lui-même ancien Prix Charlemagne, a tenu à rendre hommage au Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui recevra le Prix Charlemagne le 25 mai à Aix-la-Chapelle. La laudatio sera prononcée par l'ancien Chancelier Helmut Kohl. Ne pouvant pas être présent à Aix-la-Chapelle avec d'autres anciens lauréats (qui participeront en outre, le 24 mai, à un dîner pour Jean-Claude Juncker), M. Delors a diffusé sur le site de Notre Europe un texte très élogieux sur « Jean-Claude Juncker, un grand européen ». « Tous les militants européens ont une énorme confiance en lui », et en son « optimisme lucide », affirme Jacques Delors, qui a beaucoup de souvenirs personnels de Jean-Claude Juncker. Ainsi, il commence par rappeler: en 1985, en devenant Président de la Commission, « j'ai eu la chance d'exercer mes responsabilités, au cours de la première année de mon mandat, sous une Présidence luxembourgeoise particulièrement efficace, avec Jacques Santer, Jacques Poos et Jean-Claude Juncker » (qui préside les Conseils Affaires sociales et Budget « d'une main de maître »). « Je n'oublierai jamais le rôle déterminant que ces personnalités luxembourgeoises ont joué pour réussir l'adoption de l'Acte unique- véritable réforme du Traité de Rome », déclare M. Delors. Et il se souvient d'autres étapes du parcours politique de Juncker: en 1991, lorsque, pendant une négociation difficile, « Jean-Claude joue un rôle déterminant » , comme président du Conseil Ecofin, « pour l'intégration de l'Union économique et monétaire dans le Traité de Maastricht » ; en 1996, lorsqu'il devient « le héros de Dublin » en réussissant , lors du Conseil européen, « une médiation délicate » au sujet de l'Union économique et monétaire entre le chancelier Kohl et le Président Chirac ; en novembre 1997 lorsque, pendant un Sommet extraordinaire, il obtient un accord obligeant les Etats membres à « soumettre annuellement un plan d'action en faveur de l'emploi et à fixer des critères quantifiés et vérifiables pour la création d'emplois et la lutte contre le chômage ». « Sa compétence et sa sensibilité en matière sociale sont une des marques essentielles de son action », souligne M. Delors. Et il cite encore une étape récente: « Homme de courage et de lucidité, non paralysé par les référendums négatifs en France et aux Pays-Bas, il organise une consultation nationale le 10 juillet 2005 portant sur la ratification du Traité constitutionnel. Il met tout son poids dans la balance. Le Luxembourg ratifie le Traité » (EUROPE n° 8988).