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Bulletin Quotidien Europe N° 9177
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/doha

Incertitude totale à Genève quant au respect de la date-butoir du 30 avril

Bruxelles, 21/04/2006 (Agence Europe) - Avant que les trois jours de tractations au Comité de négociations agricoles à Genève ne parviennent à leur terme (EUROPE n° 9175), l'OMC a décidé vendredi matin la tenue d'une réunion informelle, le 24 avril, des ambassadeurs des 149 pays membres pour décider de la suite des négociations à une semaine de l'expiration de l'échéance du 30 avril, date à laquelle les modalités (chiffres et autres dispositions) devront être arrêtées sur les biens agricoles et les biens manufacturés (NAMA). Aucun ordre du jour n'a été fixé, mais les Etats membres devraient décider du sort qu'il convient de réserver à la date butoir de fin avril, alors qu'aucun consensus ne se profilait vendredi. De source diplomatique à l'OMC, les pays membres se demandent s'il convient de convoquer les ministres du Commerce à Genève pour le week-end des 29 et 30 avril seulement pour constater leur désaccord, ou s'il vaut mieux repousser l'échéance à une date ultérieure, au plus tard fin juillet. Seuls l'Australie, le Brésil, les Etats-Unis et le Japon se montraient favorables à la tenue d'une ministérielle. Une réunion restreinte aux acteurs majeurs (une trentaine d'ambassadeurs en tout) en Green Room était prévue vendredi soir pour faire le point.

En visite en Finlande vendredi, le Commissaire au Commerce Peter Mandelson s'est montré pessimiste quant à la possibilité de respecter l'échéance fixée en décembre à Hong-Kong. « Il apparaît désormais de plus en plus évident qu'un accord ne peut plus être préparé pour la date-butoir initialement prévue », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Helsinki. A la lumière de ce constat, note le Commissaire, « on doit maintenant considérer l'opportunité de convoquer une nouvelle réunion ministérielle la semaine prochaine à Genève pour un accord dont on sait qu'il ne sera pas atteint à temps ». M. Mandelson, par ailleurs, a de nouveau accusé les Etats-Unis et les pays émergents du G-20 de « manquer de réalisme » et de compromettre ainsi les négociations. Il a notamment reproché aux Américains d'exiger de nouvelles concessions en matière agricole de la part de l'Union sans offrir eux-mêmes de nouvelles avancées en matière de soutiens internes. Alors que l'Union a réduit ses aides internes et accepté d'éliminer ses subventions à l'exportation d'ici 2013, « les Etats-Unis n'ont pas encore touché à un seul dollar de leurs subventions agricoles en pleine expansion », a-t-il regretté, avant d'ajouter: « pourtant, Washington exige que l'Union entérine de nouvelles réductions dans ses subventions et barrières agricoles qui dépasseraient ce qui peut être envisagé aux Etats-Unis ». Selon lui, les réductions des aides internes et des tarifs douaniers agricoles européens exigées par les Etats-Unis « rendraient la production agricole impossible à maintenir en Europe et mettraient une pression énorme sur la production agricole de beaucoup de pays en voie de développement, y compris dans les secteurs de la simple subsistance ». Autre accusé, le Brésil, chef de file des pays émergents, refuse toujours d'offrir de nouvelles concessions sur les NAMA tant que l'Union n'améliore pas son offre en matière d'accès au marché agricole.

Le même jour, au Comité 133 qui réunit les experts des Etats membres sur les questions commerciales (où la Commission a parlé d'un « échec total » des négociations de Genève sur les NAMA), la France, soutenue notamment par l'Espagne, l'Italie, la Grèce, la Pologne et le Portugal a martelé qu'il n'était pas question de proposer de nouvelles concessions.

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