Bruxelles, 21/04/2006 (Agence Europe) - Les propos que le président français Jacques Chirac a tenus mercredi en Egypte en faveur de la poursuite de l'aide humanitaire aux Palestiniens sont parfaitement conformes à la ligne définie par l'Union européenne et le Quartette pour le Proche-Orient (dont l'UE fait partie), même s'ils ont été interprétés par certains comme étant contraires à la position européenne. Même le Hamas s'est félicité des déclarations de M. Chirac et veut y voir une « orientation positive vers un changement de la position européenne ». En réalité, M. Chirac n'a fait rien d'autre que de confirmer ce que les 25 ministres des Affaires étrangères de l'UE ont convenu le 10 avril lors du Conseil « Affaires générales/relations extérieures » à Luxembourg, à savoir que l'aide directe à l'Autorité palestinienne restera suspendue jusqu'au respect des trois critères par le gouvernement (renonciation à la violence, reconnaissance du droit d'existence d'Israël, acceptation des accords existants), mais que l'UE veut poursuivre toute assistance nécessaire pour venir en aide aux « besoins humanitaires » de la population palestinienne (voir EUROPE n°9171). En effet, lors de sa conférence de presse mercredi au Caire, aux côtés du président égyptien Hosni Moubarak, M. Chirac a déclaré (selon l'AFP): « Je considère pour ma part qu'il serait - et c'est le sentiment du président Moubarak - à la fois injuste et politiquement maladroit de faire payer à la population palestinienne le prix » que la communauté internationale voudrait faire payer au Hamas en supprimant l'aide. « Je suis donc partisan du maintien de l'aide, pour des raisons humanitaires et de justice ».
Entre-temps, la Commission et le Conseil poursuivent leur réflexion sur la manière d'assurer la poursuite, voire l'augmentation de cette aide humanitaire, sans passer par les canaux du gouvernement Hamas. Plusieurs pistes sont en voie de discussion: l'argent pourrait passer par des agences de l'ONU, par des ONG ou encore par le bureau du Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dans lequel l'UE réitère régulièrement sa pleine confiance. L'OLP, également présidée par M. Abbas, pourrait être un autre moyen.