Bruxelles, 05/01/2006 (Agence Europe) - Le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, a lancé un appel à l'Autorité palestinienne pour qu'elle fasse tout ce qui est en son pouvoir pour rétablir le calme et l'ordre dans la bande de Gaza où, à trois semaines des élections législatives palestiniennes prévues le 25 janvier, la situation sécuritaire devient de plus en plus précaire. Mercredi, au poste frontalier de Rafah où l'UE a installé en novembre dernier des observateurs civils chargés de superviser les contrôles frontaliers, plusieurs dizaines de militants palestiniens armés (membres des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa) avaient défoncé au bulldozer le mur marquant la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, réclamant la libération de leur chef qui avait été arrêté dans le cadre de l'enlèvement de trois Britanniques. Une fusillade a ensuite éclaté au cours de laquelle deux soldats égyptiens ont été tués et 30 autres blessés, selon des responsables des services de sécurité cités par Associated Press. Auparavant, une quarantaine d'hommes masqués s'étaient emparés du principal centre électoral de Rafah, des locaux du Parlement palestinien, d'un tribunal et d'un autre bâtiment. Selon la porte-parole de M. Solana, la sécurité des observateurs européens n'a jamais été menacée.
La campagne électorale pour les législatives palestiniennes du 25 janvier avait démarré mardi avec la promesse des principaux mouvements de lutter contre la corruption. Le Fatah, parti de l'Autorité palestinienne, a lancé sa campagne près de la tombe de Yasser Arafat, soulignant qu'il s'efforcerait de jeter les bases du futur Etat palestinien et de combattre la corruption s'il se maintient au pouvoir. Le mouvement islamiste Hamas, principal rival du Fatah, a choisi de lancer symboliquement sa campagne devant la maison de son fondateur Ahmad Yassine, assassiné en 2004 par Israël. Le Hamas dit vouloir assainir les finances publiques et lutter contre la corruption qui, selon lui, existe au sein de l'Autorité palestinienne. Entre-temps, à Jérusalem-Est, la police israélienne a empêché deux candidats bien connus, Hanane Achrawi et Moustapha Barghouthi, de faire campagne. Pour la chef de la mission européenne d'observateurs des élections, la députée européenne Véronique de Keyser, socialiste belge, ces interventions israéliennes à Jérusalem-Est ne sont pas de bon augure, car elles risquent de remettre en cause la tenue même des élections. « Ce n'est pas un bon signe », a-t-elle déclaré à l'AFP. Ainsi, le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a déjà affirmé que les élections n'auraient pas lieu si le bon déroulement à Jérusalem-Est n'était pas garanti. « Jérusalem est une ville occupée et tous les candidats doivent pouvoir y faire campagne librement », a-t-il dit. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a lui aussi averti qu'il suspendrait l'organisation des législatives si les Palestiniens de Jérusalem n'étaient pas autorisés par Israël à y participer (voir déclaration du Quartette dans EUROPE n° 9099).