Bruxelles, 18/10/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a poursuivi les 17 et 18 octobre à Bruxelles sa série d'entretiens avec des parlementaires nationaux des pays membres sur les moyens d'améliorer la coopération juridique et policière en Europe. Après avoir longuement discuté, lundi, sur le sujet de la rétention des données à caractère personnel (EUROPE n°9050), le débat entre députés européens et nationaux s'est ensuite orienté vers trois thèmes principaux: - Eurojust: Si les parlementaires reconnaissent le rôle indispensable d'Eurojust, ils soulignent en revanche son manque d'efficacité en raison d'un faible volontarisme politique. Pour Jean-Marie Cavada (PPE-DE), président de la commission parlementaire des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures au PE, « il est impensable qu'Eurojust n'ait pas de pouvoir de contrainte sur le pouvoir judiciaire des Etats membres ». Le président d'Eurojust, Michael G. Kennedy, a aussi souligné que l'Espagne et la Grèce n'ont pas encore intégré dans leur législation nationale les décisions du Conseil de 2002 relatives à la création et à l'application d'Eurojust ; - Europol: Le rôle d'Europol a également été l'objet de nombreuses critiques de la part des parlementaires. Affirmant que « Europol n'est absolument contrôlé par personne », Hubert Haenel (député français) a réclamé un contrôle accru de la part des institutions européennes et des parlements nationaux de l'UE. Le député français Jacques Floch a remarqué quant à lui que « si les progrès d'Europol sont insuffisants, il ne faut pas se précipiter car nous ne voulons pas d'un FBI à l'européenne » ; - Mandat d'arrêt européen: La Française Adeline Hazan (PSE) a fait état d'une évaluation de la Commission européenne qui montre qu'en un an, 2603 mandats ont été émis, 653 personnes ont été arrêtées et 104 personnes remises. Le principal problème repose sur le refus des Cours constitutionnelles de reconnaître la législation d'un tel mandat.