Bruxelles, 05/10/2005 (Agence Europe) - « L'importance politique de notre initiative, c'est d'être une tentative réaliste d'orienter les changements structurels du secteur manufacturier européen », a affirmé le Commissaire européen à l'Industrie, Günter Verheugen, venu présenter mercredi à la presse les « principes pour une politique industrielle du 21ème siècle » énoncés dans une communication adoptée le jour même par la Commission et intitulée « Un cadre politique pour renforcer l'industrie manufacturière de l'Union - Vers une approche intégrée de la politique industrielle ». « L'Europe a une base industrielle forte et elle doit la garder », a estimé M. Verheugen en soulignant la nécessité de mettre en place une politique industrielle mieux intégrée en créant des conditions plus adaptées pour le secteur manufacturier européen dans les années à venir, notamment pour faire face aux défis de la mondialisation et de l'intensité de la concurrence internationale. Il a notamment rappelé que l'industrie européenne emploie plus de 34 millions de personnes et représente plus de 20% du PNB communautaire, près de 75% des exportations de l'Union et plus de 80% des dépenses de recherche et de développement (R&D) de l'Union. « Nous ne voulons pas protéger notre industrie de la concurrence mondiale, mais nous voulons qu'elle soit ouverte et compétitive », a indiqué M. Verheugen, avant d'ajouter: « Notre approche refuse clairement le protectionnisme, l'interventionnisme et les subventions qui ne sont d'ailleurs pas demandées par l'industrie européenne ». La Commission ne souhaite donc pas « un retour en arrière ». Elle veut que la nouvelle politique industrielle de l'Union mette en place des « instruments » qui viennent compléter les efforts déployés au niveau des Etats membres pour « soutenir une base industrielle solide et dynamique » et qui permettent d'analyser la situation des secteurs et de réagir rapidement en cas d'essoufflement. « Nous avons analysé la compétitivité de l'industrie européenne. Elle est à la pointe dans pas mal de secteurs au niveau technologique, mais dans d'autres secteurs elle souffre de la concurrence internationale (…). Des indicateurs assez menaçants montrent que la compétitivité de l'industrie européenne est sur la brèche, notamment en matière de R&D », a expliqué M. Verheugen.
Pour tirer parti des points forts de l'industrie européenne, les services de la Commission ont entrepris une évaluation détaillée de la compétitivité de 27 secteurs de l'industrie manufacturière et de la construction en en tenant compte des contributions des parties concernées et des Etats membres. L'évaluation visait à déterminer dans quelle mesure les performances de ces secteurs sont ou pourraient être influencées par les instruments de la politique industrielle. Les secteurs ont été regroupés en quatre grandes catégories: (1) les industries agro-alimentaires et des sciences de la vie ; (2) les industries mécaniques et des systèmes ; (3) les industries de la mode et du design ; (4) les industries de base et des biens intermédiaires. Chacune de ces grandes catégories se caractérise par des défis particuliers. Globalement, il s'agit de: - créer un marché unique ouvert et concurrentiel ; - développer les connaissances, la recherche, l'innovation et les compétences ; améliorer la réglementation ; - assurer les synergies entre la compétitivité et les politiques énergétiques et environnementales ; - assurer une participation totale et équitable sur les marchés mondiaux ; - faciliter la cohésion sociale et économique.
Pour répondre à ces défis communs, l'approche de la Commission repose sur deux types d'initiatives. Elles sont d'abord horizontales ou trans-sectorielles et comprennent: (1) une initiative pour les droits de la propriété intellectuelle (DPI) et la contrefaçon. La Commission engagera en 2006 un dialogue avec l'industrie et les parties prenantes pour déterminer ce qu'il reste à faire pour que l'industrie européenne dispose d'un ensemble de droits de propriété intellectuelle bien conçus et faire appliquer correctement les DPI dans le marché intérieur et dans les pays tiers, pour lutter contre la contrefaçon et le piratage ; (2) la mise en place d'un groupe de haut niveau sur la compétitivité, l'énergie et l'environnement fin 2005/début 2006 ; (3) les aspects extérieurs de la compétitivité et l'accès au marché. La Commission devrait publier une communication au printemps 2006 ; (4) un nouveau programme de simplification législative. La Commission publiera ce mois-ci une communication définissant un « programme de travail pour la simplification » axé notamment sur: automobile, construction et déchets ; (5) l'identification des exigences sectorielles et des insuffisances actuelles en matière de compétences (2006) ; (6) la gestion des mutations structurelles dans l'industrie manufacturière (fin 2005). Pour la Commission, il est essentiel que les initiatives prises au niveau de l'Union soient pleinement intégrées avec l'utilisation des fonds structurels et des instruments politiques des Etats membres; (7) une approche européenne intégrée de la recherche et de l'innovation industrielle (fin 2005).
L'approche de la Commission repose en outre sur des initiatives sectorielles: (1) le Forum pharmaceutique (première réunion en 2006) ; (2) l'examen à mi-parcours de la stratégie relative aux sciences de la vie et à la biotechnologie (2006-2007) ; (3) la mise en place de nouveaux groupes de haut niveau sur l'industrie chimique (2007) et l'industrie de la défense ; (4) le programme spatial européen ; (5) la mise en place de la Task Force sur la compétitivité des technologies de l'information et de la communication - TIC - (2005/2006) ; (6) le Dialogue politique pour la construction mécanique (2005/2006) ; (6) la réalisation d'une série d'études sur la compétitivité, notamment des industries des TIC, de l'alimentaire et de la mode et du design.
Interrogée sur l'impact budgétaire de cette politique, M. Verheugen a répondu: « Toutes ces initiatives sectorielles et horizontales, la Commission peut les lancer elle-même. Elles ne dépendront ni des perspectives financières, ni des Etats membres ». « Seules les initiatives pour de meilleures connaissances, une meilleure formation et l'amélioration de l'innovation nécessitent un soutien financier », a-t-il admis, avant d'ajouter: « Or, la Commission a fait des propositions ambitieuses en cette matière dans le cadre du projet de 7ème Programme cadre pour la recherche et le développement ». La communication est disponible sur: http: //europa.eu.int/comm/enterprise/enterprise_policy/industry/index_fr.htm