Bruxelles, 25/08/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne a autorisé le projet de rachat de Guidant, une entreprise américaine spécialisée dans les dispositifs cardio-vasculaires, par son homologue et concurrent Johnson & Johnson (J&J). Cette opération, évaluée à 19 milliards d'euros, a nécessité des engagements de la part des deux parties, qui devront céder les actifs relatifs aux guides manoeuvrables de J&J dans l'Espace économique européen et l'ensemble des activités de Guidant dans l'endovasculaire et pour la chirurgie cardiaque (systèmes Endoscopiques de Prélèvement des Vaisseaux - EHV). « Je voulais m'assurer que les consommateurs n'aient pas à payer plus cher des dispositifs médicaux vitaux produits par ces entreprises et que tout changement apporté à la structure concurrentielle sur ces marchés ne se fasse pas au détriment du bien-être du consommateur », a déclaré dans un communiqué Neelie Kroes, Commissaire chargée de la concurrence.
L'enquête approfondie de la Commission, ouverte fin avril (EUROPE n° 8935), a permis d'écarter tout risque dans un des trois principaux domaines d'inquiétude: les stents imprégnés de médicaments destinés aux artères coronaires et les accessoires employés dans le traitement des artères coronaires. Malgré la disparition de Guidant en tant que concurrent potentiel sur ce marché en forte croissance, qui est dominé par J&J et Boston Scientific, « les autres nouveaux entrants (Medtronic et Abbott) pourront exercer une contrainte concurrentielle suffisante, compensant ainsi la diminution de concurrence résultant de l'acquisition de Guidant par J&J », a conclu la Commission. En revanche, la Commission a constaté des difficultés dans deux autres secteurs. J&J et Guidant sont en effet les principaux fournisseurs du marché des stents endovasculaires et de celui des accessoires employés pour le traitement des artères périphériques, sur lesquels existent également d'importantes barrières à l'entrée. De même, le rapprochement des deux entreprises aurait aussi affecté la concurrence sur deux petits marchés de dispositifs cardiaques (la cardiologie interventionnelle des guides manoeuvrables et les systèmes EVH). Les engagements proposés par les parties, dont les délais ne sont pas divulgués, ont toutefois permis d'autoriser l'opération.