Bruxelles, 18/04/2005 (Agence Europe) - Dans son rapport sur l'économie de la zone euro au premier trimestre 2005, publié lundi, la Commission confirme l'analyse qu'elle a faite à l'appui de ses prévisions économiques de printemps (EUROPE n°8920). Même si la consommation privée et les investissements avaient gagné 0,5% et 0,6% lors du dernier trimestre 2004, la croissance des exportations s'était repliée à 0,5%. Pour les premiers mois de l'année en cours, les données confirment une amélioration de la demande intérieure et la fin du ralentissement de la croissance des échanges au niveau mondial, ce qui devrait contribuer à une croissance annuelle de 1,6%. La robustesse de l'économie ne doit cependant pas être surestimée, comme le font remarquer les indicateurs de confiance des entrepreneurs et des consommateurs, tempère aussi le rapport.
Comparée au quatrième trimestre 2004, la croissance devrait ainsi augmenter de 0,5% lors du premier trimestre de 2005. La contribution des exportations de la zone euro à la croissance devrait rester « plutôt modeste », analyse le Directeur général de la DG Ecfin, Klaus Regling - voire même être négative au premier trimestre et tout juste proche de zéro pour le reste de l'année selon le rapport. La croissance de la consommation privée devrait en revanche se maintenir à 0,5% et celle des investissements pourrait être de 0,8%. Alors que l'amélioration de la rentabilité des entreprises, les bilans des entreprises et les taux de financement à long terme suggéreraient de meilleures performances, les investissements, toutefois, demeureront inférieurs à leur niveau potentiel. Une analyse spécifique de ce point permet à la Commission d'avancer une explication et d'en écarter deux autres. Selon M. Regling, la situation actuelle n'est due ni aux effets de la réunification allemande sur les investissements dans le secteur de la construction, ni à l'accroissement des investissements directs étrangers - qui ne se font « pas au détriment de l'investissement intérieur ». Le niveau des investissements de la zone euro souffre plus probablement du ralentissement des progrès techniques, dont le rythme a « chuté ces dernières années ».
Si la demande extérieure a joué un rôle essentiel dans les performances de la zone euro par le passé, la croissance, aujourd'hui, devrait dépendre plus fortement de la demande interne. Le rapport de la Commission remarque que la part des exportations de la zone euro dans le commerce mondial ne révèle aucune faiblesse systématique au cours de la dernière décennie. Toutefois, les parts de marché supplémentaires acquises en 2000-2001 ont diminué à partir de 2002-2003, notamment en raison de l'appréciation de l'euro. La zone euro s'est notamment illustrée par une spécialisation importante dans les secteurs des produits pharmaceutiques et de l'industrie automobile, dont le niveau des exportations s'est avéré plus dynamique que le commerce mondial, ainsi que par des exportations vers les pays d'Europe de l'Est. Peu de spécialisation dans le domaine des exportations industrielles high-tech et peu d'exportations vers les économies asiatiques les plus dynamiques ont en revanche pesé sur les activités commerciales. Le rapport note aussi de nombreuses différences entre Etats membres, imputables aux spécialisations sectorielles et géographiques propres, mais surtout à l'évolution de la compétitivité en termes de prix et de coûts. Ce dernier élément compterait pour 40% des différences entre Etats membres de la zone euro. Ainsi, d'une manière générale, l'Allemagne, l'Autriche et le Portugal ont enregistré une croissance des exportations nettement supérieure à la moyenne, tandis que les performances italiennes, françaises et grecques ont été inférieures à la moyenne. Plus particulièrement, l'Irlande a su profiter de sa spécialisation dans les produits de haute technologie, alors que la Finlande et les Pays-Bas notamment ont été desservis par leur spécialisation de leurs économies. (Voir le rapport sur http: //europa.eu.int/comm/economy_finance/publications/quarterly_report_on_the_euro_area_en.htm).