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Bulletin Quotidien Europe N° 8930
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/chine

Le moment pour la levée de l'embargo sur les armes n'est pas encore mûr - « Pékin doit faire des gestes pour faciliter un consensus » sur la levée de l'embargo

Luxembourg, 18/04/2005 (Agence Europe) - Les chances de voir l'UE parvenir, d'ici fin juin, à un accord unanime en faveur de la levée de l'embargo sur les ventes d'armes vers la Chine ont encore diminué le week-end dernier lorsque les ministres des Affaires étrangères de l'UE, lors de leur réunion informelle « Gymnich » à Senningen (Luxembourg), ont dû constater qu'il n'existe actuellement pas de consensus parmi les Vingt-cinq en faveur d'un tel geste. Même si aucune délégation n'a remis en cause le principe même de la décision du Conseil européen de décembre 2004 (qui avait réaffirmé la volonté politique de l'UE « d'oeuvrer en faveur de la levée de l'embargo » et qui avait invité la Présidence luxembourgeoise à « achever les travaux (…) afin qu'une décision puisse être prise »), les avis divergent toujours fortement sur l'opportunité de prendre cette décision maintenant. Comme l'a notamment expliqué devant la presse le ministre allemand Joschka Fischer, « certains estiment que le moment n'est pas encore mûr », et que les conditions pour lever l'embargo ne sont pas encore toutes réunies. Alors que les travaux sur le renforcement du code de conduite et la « tool box » avancent bien (ils sont pratiquement achevés, selon des diplomates), l'attitude de la Chine en matière de droits de l'Homme est considérée largement insatisfaisante par une grande majorité des pays membres. A cela s'ajoutent les craintes d'un grand nombre de pays qui estiment qu'une levée de l'embargo maintenant serait irresponsable et complètement déplacée, au moment ou Pékin vient de voter la loi anti-sécession concernant Taïwan, que les tensions entre la Chine et le Japon montent et que les Américains s'inquiètent de plus en plus pour la stabilité dans la région. A Senningen, les Vingt-cinq étaient unanimes pour dire que la Chine devra elle-même faire des gestes significatifs sur plusieurs plans, notamment celui des droits de l'Homme, si elle veut favoriser un consensus et une décision rapide de l'UE. « Tout ne dépend pas de la présidence, ni de la Commission, ni des Etats membres, il y a aussi certaines contributions qui doivent venir de l'autre partie », de la Chine, a dit à la presse le Président du Conseil, Jean Asselborn. Joschka Fischer a estimé lui aussi qu'il y avait « toute une panoplie de choses positives que la Chine peut faire pour aider l'UE à avancer vers un consensus, qui dépend de mouvements du côté de Pékin ». Parmi ces gestes, M. Fischer a notamment cité la ratification de la Convention de l'ONU sur les droits civils et politiques (il semble que les Chinois envisagent une ratification seulement en 2006) ainsi que la libération des détenus de la place Tienanmen. Même si le ministre français Michel Barnier a jugé « souhaitable et réaliste » qu'une décision soit prise encore sous Présidence luxembourgeoise, des diplomates estiment de plus en plus probable que la levée de l'embargo sera reportée en 2006, après la Présidence britannique. Officiellement, la Présidence luxembourgeoise affirme toujours travailler en faveur d'une décision en juin. « L'UE poursuivra et tentera d'achever les travaux qui sont bien avancés, afin qu'une décision puisse être prise d'ici fin juin », a dit M. Asselborn. Des sources proches de la Présidence expliquent cependant que « décision en juin » peut aussi signifier que le Conseil européen reporte le dossier à plus tard.

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