Bruxelles, 14/02/2005 (Agence Europe) - « Les banques et les intermédiaires internationaux sont présents en Italie dans des proportions supérieures à d'autres systèmes bancaires européens », a déclaré samedi Antonio Fazio, à l'occasion d'une réunion des opérateurs de change à Modène. Répondant aux interrogations du Commissaire chargé du marché intérieur Charlie McCreevy sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles à l'égard d'investisseurs étrangers dans le secteur bancaire italien, le gouverneur de la Banca d'Italia a estimé que l'Italie « applique la législation nationale et communautaire ».
Dans une lettre adressée la semaine dernière à M. Fazio, Charlie McCreevy souhaitait une prise de position claire de la Banque centrale italienne en faveur d'un marché bancaire « ouvert et compétitif », afin de garantir que les participations étrangères y sont soumises aux mêmes règles d'agrément que les participations nationales (EUROPE du 9 février, p.12). Lors de son intervention samedi dernier, M. Fazio a expliqué: « les investisseurs étrangers détiennent en moyenne 17% du capital des quatre plus grandes banques italiennes (Banca Intesa, UniCredit, Sanpaolo et Capitalia), contre 7% en Allemagne, 3% en France et 2,6% en Espagne ». Sans vouloir polémiquer sur le degré d'ouverture du secteur bancaire en Italie, le ministre des Finances, Domenico Siniscalco, avait lui aussi indiqué samedi, qu'à de « rares exceptions, les systèmes bancaires sont encore nationaux » en Europe.
La lettre du Commissaire McCreevy ne visait toutefois pas la participation générale d'opérateurs étrangers dans le secteur bancaire en Italie, mais la capacité d'un investisseur étranger de prendre le contrôle d'une banque italienne, a rappelé lundi un porte-parole de la Commission. Le porte-parole a ajouté: « Il ne s'agit pas d'une question de pourcentage, mais il s'agit de savoir si une banque étrangère est susceptible d'acquérir une position majoritaire dans une banque italienne ». Une précision que la Commission attend de l'Italie sous forme de réponse écrite, et qui profiterait aussi d'une prise de position claire de la part de la Banque centrale italienne, a-t-il souligné.