Bruxelles, 11/02/2005 (Agence Europe) - « Vous avez déjà gagné mon cœur lorsque, lors de la conférence de Berlin en novembre 2004, vous avez souligné l'importance de la dimension culturelle pour l'UE »: c'est en ces termes qu'Anne-Marie Sigmund a accueilli à la tribune de la plénière du Comité économique et social européen (CESE), le 10 février, le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso qui a présenté le programme de la Commission pour 2005-2009 (voir EUROPE du 2 décembre, p.17). Cependant, la Présidente du CESE s'est dite déçue parce que le CESE n'est cité qu'une seule fois dans ce programme. « Dois-je comprendre que notre coopération avec la Commission est évidente ? », a-t-elle demandé. Ceci est effectivement le cas, l'a rassurée M. Barroso, tout en reconnaissant que « nous aurions dû en parler spécifiquement ».
Dans son intervention, M. Barroso a lancé un appel pour que « le Comité soit pleinement impliqué dans la mise en œuvre du programme de la Commission, dans un esprit de bonne coopération ». Il est « particulièrement souhaitable » que le protocole de coopération signé en 2001 par les Présidents de la Commission Romano Prodi et du Comité Göke Frerichs (voir entre autres EUROPE du 1er décembre 2001), soit « renouvelé et renforcé », surtout « d'un point de vue politique », a indiqué M. Barroso en insistant sur « quelques défis politiques auxquels le Comité s'est très bien adapté », à savoir la gouvernance, l'élargissement de l'Union (avec l'intégration réussie de 97 conseillers des dix nouveaux Etats membres) et la Constitution (avec l'introduction de la démocratie participative). Enfin, M. Barroso a estimé: « s'agissant des deux grands volets de notre coopération, la programmation et le suivi, il me semble qu'il faudrait faire un effort pour mieux définir les thèmes vraiment prioritaires ».
La plénière a réservé un accueil aux propositions avancées par la Président Barroso. Les présidents des groupes Employeurs Giacomo Regaldo et Activités diverses Staffan Nilsson ont souligné en particulier les problèmes posés par les législations sur les services ou REACH (produits chimiques), et sur l'importance de maintenir la confiance des consommateurs, et ils ont appelé le Président Barroso, dont « l'initiative va dans la bonne direction », à agir pour qu'on passe « du papier à la réalité ». Même appel de la part du président du groupe des travailleurs Mario Sepi qui a aussi demandé de faire comprendre aux citoyens que «à côté d'une Europe de l'économie et de la compétitivité, il existe aussi une Europe sociale ». Au cours du débat, diverses préoccupations ont été soulevées, notamment concernant l'emploi, la stabilité monétaire et l'indépendance de la BCE. En répondant, M. Barroso a notamment précisé:
1. Constitution « Nous avons l'obligation de parler de ce qui intéresse les citoyens, qui veulent savoir si toutes nos institutions s'intéressent à ce qui les intéresse eux , mais aussi de ce qui est intéressant pour la croissance de notre économie ». Les propositions sur les services ou REACH, ainsi que « la nouvelle stratégie de Lisbonne » touchent à des questions qui intéressent concrètement les gens, a martelé le Président en assurant: «Je peux vous promettre que la Commission veut travailler avec vous, dans la direction des réformes indispensables ».
2. Stratégie de Lisbonne « Elle est ce qu'il y a de plus important pour atteindre nos objectifs permanents, qui ne peuvent pas être remis en cause: croissance économique, prospérité, bien-être, développement durable, cohésion sociale. Pour garantir ces objectifs, il faut une croissance plus dynamique », a affirmé M. Barroso en lançant un message pressant: « Il faut faire plus pour la croissance en garantissant l'emploi pour chaque citoyen. Ce qui ne signifie pas pas qu'il faut négliger la lutte contre la pauvreté. Le travail est lié à la dignité de la personne ».
3. Propositions « services » et REACH: Elle ont « de bons objectifs. Nous croyons dans la libéralisation des services. Nous voulons protéger le consommateur contre les risques des produits chimiques et défendre l'environnement. La Commission essayera, avec tous les partenaires - Parlement européen, Conseil - d'arriver à des solutions qui maintiennent ces objectifs », a répété M. Barroso.
4. Compétitivité/industrie : M. Barroso s'inquiète des délocalisations d'entreprises en Chine, en Inde ou aux Etats-Unis, car cela entraîne des pertes d'emplois en Europe. « Il faut créer des conditions attrayantes pour venir ici. Je refuse que l'industrie quitte l'Europe. Les partenaires sociaux doivent faire un effort pour pouvoir maintenir notre modèle social européen tout en le rendant plus compétitif ».
5. Euro- indépendance de la BCE. M. Barroso salue le « succès indéniable » de l'euro et dit « respecter hautement l'indépendance de la BCE». La stabilité des devises est « un grand bien parce qu'elle renforce la croissance », a-t-il par ailleurs estimé.