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Bulletin Quotidien Europe N° 8870
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/pesd

L'UE DOIT COMBLER SES LACUNES MILITAIRES POUR POUVOIR RÉAGIR EN CAS DE CATASTROPHE DE GRANDE ENVERGURE, ESTIME HELMUT KUHNE, RAPPORTEUR SUR LA STRATÉGIE EUROPÉENNE DE SÉCURITÉ

Bruxelles, 19/01/2005 (Agence Europe) - Le député européen Helmut Kuhne (social-démocrate allemand) a présenté lundi à la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen son projet de rapport sur la mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité. Un document qui souscrit pleinement aux objectifs énoncés dans cette stratégie - une Union européenne forte et la primauté des Nations unies sur la scène internationale - tout en insistant sur la nécessité de combler les lacunes de l'UE en matière de capacités militaires afin de lui permettre d'agir en cas de catastrophe de grande envergure. Le rapport de M. Kuhne sera voté en sous-commission le 17 mars et en plénière en avril.

Si d'importantes avancées ont été réalisées pour développer les capacités militaires de l'UE, le projet de rapport prend acte des lacunes matérielles suivantes qui pourraient « gravement affecter la capacité de l'Union à mener des opérations d'intervention humanitaires de grande envergure »: - le manque de forces déployables pour maintenir la rotation nécessaire dans des opérations de haute intensité ou à long terme ; - le manque de capacités aériennes permanentes à grande échelle pour transporter les forces à l'étranger ; - le manque de capacités déployables suffisantes en matière de commandement, de contrôle et de communications ainsi que de moyens de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. Le développement des groupements tactiques armés (« battle groups ») et la construction de l'A400M devraient permettre de combler en partie ces lacunes, mais le projet de rapport insiste aussi pour que « des mesures soient prises afin de libérer l'UE d'une dépendance forcée des capacités et des ressources de l'OTAN » ou d'autres Etats membres de l'Alliance. Ces mesures devraient notamment comprendre « la mise en commun des ressources et des capacités existantes dans les Etats membres ». En outre, le rapporteur considère les nouveaux objectifs que l'UE s'est fixés en matière de capacités militaires à l'horizon 2010 insuffisants « pour entreprendre des missions d'une plus haute intensité ou d'une durée supérieure à un an », et il demande donc avec insistance d'organiser « un débat sur le développement d'une future stratégie européenne de défense ».

« La principale menace qui pèse sur la cohérence et la réussite de la stratégie européenne de sécurité demeure l'éventuelle insuffisance des ressources budgétaires », martèle le rapport. De plus, et dans l'optique d'une augmentation des missions « mixtes » combinant des dimensions civiles et militaires (que le rapporteur juge fondamentale à l'avenir), la séparation entre les coûts communs des missions civiles, financés sur le budget de l'UE, et les coûts communs des missions militaires, financés hors du budget de l'UE, « se révélera de plus en plus insoutenable ».

Tout en réaffirmant l'importance des relations transatlantiques, le rapport insiste sur la nécessité « d'autoriser d'autres organisations internationales comme l'OSCE et, en particulier, l'Union africaine, à apporter leur contribution à la sécurité globale ». Il invite en outre l'UE et les Etats-Unis à poursuivre leur coopération en matière de non-prolifération des armes de destruction massive (ADM) et à établir un plan d'action en cette matière, conformément à la déclaration adoptée lors du Sommet UE/Etats-Unis de juin 2004.

L'OTAN est aussi citée dans le rapport comme un des partenaires clé de l'UE. Le rapporteur propose là « des discussions sur une extension des dispositions » dites de « Berlin+ » pour éviter toute duplication entre les forces de l'Union et de l'Alliance, en envisageant «la possibilité de mettre la force de réaction de l'OTAN à disposition pour les missions de l'UE ». M. Kuhne encourage par ailleurs la nouvelle Agence de défense européenne à « examiner la possibilité de coopérer avec l'OTAN dans le domaine de l'armement ».

Le rapporteur constate enfin que la stratégie européenne de sécurité « consacre peu de place au lien » entre les concepts de sécurité extérieure et de sécurité intérieure, et se félicite de la création d'un Service pour l'action extérieure prévue par la Constitution européenne.

Au cours du débat, les députés ont dans l'ensemble bien accueilli les grandes lignes du rapport de M. Kuhne et ont proposé des amendements qui n'en modifient pas substantiellement le contenu. Les parlementaires ont notamment insisté sur la nécessité de: - établir un lien explicite entre les concepts de sécurité intérieure et extérieure ; - augmenter les budgets nationaux de la défense ; - définir plus clairement les menaces auxquelles l'UE est confrontée ; - traiter des causes des catastrophes.

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