Bruxelles, 19/01/2005 (Agence Europe) - Les ministres luxembourgeois de l'Education, de la Jeunesse et de la Culture ont présenté lundi à la commission « culture et éducation » du PE les priorités de la Présidence luxembourgeoise pour les six prochains mois, dans leurs domaines respectifs.
Jeunesse: Rappelant qu'un large consensus avait été dégagé au Conseil de novembre 2004 sur le programme « Jeunesse en action », Marie-Josée Jacobs, ministre de la Famille et de l'intégration, a indiqué qu'elle allait tâcher de faire avancer le dossier mais qu'il ne serait pas possible de conclure à l'issue du premier semestre 2005, en attendant les perspectives financières 2007-2013. La Présidence proposera en outre d'adopter des résolutions sur de nouvelles perspectives de consultation des jeunes (« participation à la démocratie consultative ») et sur l'information des jeunes, en vue de les préparer à leur rôle de citoyen. A propos du « Pacte européen de la jeunesse » (initiative conjointe des gouvernements français, allemand, espagnol et suédois pour associer davantage les jeunes au processus de Lisbonne), la ministre l'a salué, en notant que les jeunes « souvent manquent de confiance et pensent n'être que dans une union économique et monétaire ». Mme Jacobs a aussi évoqué un colloque qui rassemblera du 23 au 26 avril plus de 100 jeunes européens qui feront des recommandations aux responsables pour la jeunesse dans les Etats membres. La sociale-démocrate allemande Lissy Gröner a déploré les contraintes budgétaires: « il faut pousser le Conseil à bouger », a-t-elle demandé. Le conservateur britannique Christopher Beazley s'est demandé dans quelle mesure les initiatives nationales pour les jeunes reçoivent toute l'attention voulue au niveau européen.
Education: Mady Delvaux-Stehres, ministre de l'Education et de la formation professionnelle, en rappelant que chaque pays avait ses traditions, a dit vouloir se concentrer sur les priorités suivantes: cohésion sociale, mobilité, multilinguisme, sous le slogan: « Apprenons plus de langues pour apprendre le même langage ». Un colloque sur le plurilinguisme sera organisé en mars à Luxembourg, a-t-elle annoncé, en estimant: « Un enseignement plurilingue pourrait offrir plus de diversité dans les écoles ». Elle a aussi annoncé un forum sur la cohésion sociale et la citoyenneté, intitulé « L'Europe, c'est nous », et mettant l'accent sur une citoyenneté multiculturelle. Christa Prets, sociale-démocrate autrichienne, a évoqué l'urgence de réformes dans l'enseignement pour en améliorer la qualité, sinon les objectifs de Lisbonne ne pourront pas être atteints, et Doris Pack (CDU) a suggéré de mettre en avant, dans les discussions avec ses homologues, le multilinguisme qui caractérise l'enseignement luxembourgeois et mis l'accent sur l'importance des échanges d'enseignants dans les zones frontalières. Erna Hennicot-Schoepges (PPE, Luxembourg) a évoqué le problème de la transférabilité des bourses qui pose de nombreux problèmes. Le libéral finlandais Hannu Takkula a rappelé que les systèmes éducatifs sont très différents d'un Etat membre à l'autre: « L'UE doit-elle coordonner ces systèmes ?», a-t-il demandé. La ministre lui a répondu: « Il faut laisser son âme au système scolaire, laisser ce qu'il y a de meilleur à chaque système ».
Culture: le programme de la présidence a été longuement exposé par la Secrétaire d'Etat pour la culture, l'enseignement supérieur et la recherche, Octavie Modert, accompagnée de François Biltgen, ministre de la Culture de l'enseignement supérieur et de la recherche (et aussi de l'emploi). Mme Modert a souligné que la Présidence voulait arriver à un consensus politique sur « Culture 2007 », pour que le programme « soit adopté le plus rapidement possible », une fois les perspectives financières approuvées. La Présidence mènera aussi les débats sur la désignation de la capitale européenne de la Culture 2009, à laquelle participeront les nouveaux Etats membres. A ce propos, Manolis Mavrommatis (PPE-DE, Grèce) a réclamé plus de contrôle sur l'utilisation de l'argent utilisé. La ministre a aussi cité la créativité et l'industrie culturelle, la mobilité des œuvres et des artistes, et l'adoption d'un code de conduite (modus operandi) élaboré par la Commission européenne dans le cadre des négociations de l'Unesco sur l'adoption de la Charte sur la diversité culturelle. Erna Hennicot-Schoepges a profité de l'occasion pour dénoncer la situation salariale précaire dans laquelle se trouvent de nombreux artistes, moins payés que les organisateurs d'événements culturels. « Il y a des initiatives à prendre, notamment au niveau fiscal », a-t-elle souligné. La Française Claire Gibault (ALDE) s'est prononcée contre toute application d'une future directive sur les services, en estimant que la proposition de « directive Bolkestein » mettra en péril le statut des artistes. M. Biltgen lui a rappelé que la directive est loin d'être adoptée, et que la Présidence luxembourgeoise s'efforcera de mener un débat objectif à ce sujet.