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Bulletin Quotidien Europe N° 8803
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/commission barroso

Joaquin Almunia met l'accent sur la croissance et l'emploi - Renforcement des moyens d'Eurostat

Bruxelles, 08/10/2004 (Agence Europe) - D'après le déroulement de l'audition parlementaire de jeudi, la perspective de confirmer Joaquin Almunia comme Commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires dans la future Commission Barroso semble faire l'unanimité parmi les députés. Pour beaucoup de parlementaires, "la cause est entendue d'avance", selon les termes du centriste français, Jean-Marie Cavada (ADLE). M. Almunia s'est montré très à l'aise sur les différents thèmes, dépassant rarement le cadre strict de ses fonctions mais insistant sur les objectifs de la croissance et sur les réformes structurelles, en faveur de l'emploi notamment. Pas étonnant qu'après l'audition, le vice-Président néerlandais du groupe PSE, Jan Marinus Wiersma, ait assuré qu'il recommandera la nomination de Joaquin Almunia, espérant qu'il "sera une voix forte de la future Commission".

Semblant donner lui-même le ton d'une audition à teneur essentiellement politique, Joaquin Almunia a affirmé, dans ses remarques introductives: "Le défi principal (…) est le manque de croissance et d'emploi et il est fondamental que la stratégie de Lisbonne reprenne le cap, (…) car il y a trop de priorités et la croissance doit revenir au centre des objectifs". Il a détaillé les propositions de la Commission sur l'amélioration de la gouvernance économique, insistant plus sur la coordination des politiques que sur le réaménagement du Pacte de stabilité. "Les Grandes orientations de politiques économiques (GOPE) sont un instrument logique pour orienter les réformes structurelles (...) et leur application au niveau national requiert une participation du Parlement européen et des Parlements nationaux (…) dans un cadre dédié à la croissance". Il a confirmé l'importance, à ses yeux, d'améliorer le volet préventif en annonçant qu'il ne s'agit "pas de gouverner l'UEM sur la base de sanctions et de menaces". Il est aussi revenu sur la nécessité de disposer de "bonnes statistiques pour sous-tendre nos politiques prioritaires", en préconisant un minimum de règles européennes et un mécanisme de contrôle plus strict d'Eurostat. Avec trois nouveaux Etats membres participants déjà au mécanisme de change européen (ERM II), il a souhaité de nouvelles adhésions à l'UEM sous la Commission Barroso.

Pacte de stabilité et de croissance (PSC): M. Almunia a rappelé à l'élu de la CSU Alexander Radwan l'accueil "globalement positif" qu'ont réservé les ministres des Finances, lors de l'Ecofin à Scheveningen, aux premières orientations de la Commission. "Toute une série de points ont fait l'objet d'un vaste consensus sur la partie préventive du PSC, mais il y a eu plus de difficultés sur la partie corrective (circonstances exceptionnelles)". Sur ce point, une révision de la définition des circonstances exceptionnelles doit permettre d'accroître la "crédibilité du Pacte sans l'affaiblir". José Manuel Garcia Margallo (Partido Popular) craignant qu'on aboutisse à un système à 25 règles, M. Almunia a répliqué: "les règles sont les mêmes et tous les pays doivent être traités de façon équitable, mais cela ne signifie pas qu'ils doivent être traités de la même manière". Ainsi, il souhaite insérer plus de rationalité économique dans l'application du cadre de surveillance budgétaire en tenant compte de difficultés économiques passagères. Et il a répété que l'intention d'accorder plus d'attention à la dette ne signifiait pas un relâchement du critère du déficit. Dans le débat sur le PSC, il faut aussi "tenir compte de l'avis de la BCE et des banques centrales, même si ce sont les Etats membres qui prennent la décision", a-t-il reconnu.

Coordination des politiques économiques: A Pervenche Berès, socialiste française présidente de la commission parlementaire soucieuse de la transparence des travaux du Conseil, de la BCE et de la Commission européenne dans ce domaine, Joaquin Almunia a confirmé que le débat sur les GOPE nécessitait un dialogue entre les différents acteurs, parmi lesquels la commission parlementaire compétente. Il a regretté que « les Parlements nationaux discutent peu des questions de gouvernance économique », ce qui rend « difficile de coordonner les politiques économiques". Pour faire sortir le débat du cadre étroit de Bruxelles, il a d'ailleurs déjà reçu une invitation pour se rendre dans son Parlement national. M. Almunia a aussi confié qu'il aurait "aimé une plus grande impulsion des instruments de coordination de politique dans le texte de la Constitution". De ce point de vue, selon lui, "la CIG a fait un pas en arrière par rapport à la Convention".

Croissance et social: "Bien évidemment, sur un plan personnel, je pense que le succès de Lisbonne, qui n'a pas été très grand jusqu'à présent, doit être l'objectif principal de la Commission", a répondu M.Almunia au président de la commission de l'emploi, Ottaviano Del Turco (PSE, italien). "La croissance n'est pas une fin en soi, mais il s'agit d'offrir plus de prospérité, de bien-être et de chances aux citoyens", a-t-il dit. Au social-démocrate autrichien Harald Ettl, qui l'interrogeait sur la revitalisation du dialogue macro-économique entre partenaires sociaux, M.Almunia a été sans détour en déclarant: "je n'en suis pas satisfait (…) C'est un "échange de vues, avec des réunions internes, alors qu'il serait plus utile s'il était moins rigide et si l'opinion publique pouvait en prendre connaissance". Comme Sahra Wagenknecht-Niemeyer (GUE, allemande), M. Almunia estime que la lutte contre le chômage devait être une priorité, mais il ne croit « pas que la croissance, la stabilité des prix et la stabilité budgétaire soient incompatibles avec la prospérité (...), au contraire ».

Déficit grec: A Andreas Schwab (PPE-DE, allemand) notamment, M. Almunia a certifié que les chiffres transmis par la Grèce correspondent maintenant à la réalité et que "la semaine prochaine, une mission d'Eurostat et des services financiers sera à nouveau à Athènes pour vérifier les chiffres antérieurs à 2000". Il s'est voulu rassurant en disant que la Commission ne prévoyait pas de sanctions pour notification de chiffres non conformes à la réalité. Cependant "la Commission peut proposer la suspension des concours du Fonds de cohésion, mais c'est une possibilité qui n'est pas automatique". Devant la presse, il a ultérieurement précisé: "nous attendons les chiffres de 2005 et, espérons-le, nous pourrons conclure que le déficit grec reviendra sous 3% ", ce qui devrait éviter une suspension des financements du Fonds de cohésion.

Eurostat: la socialiste néerlandaise Ieke van den Burg s'interrogeant sur ses idées pour un renforcement d'Eurostat, M. Almunia a reconnu un manque de ressources matérielles et humaines, puisque dans "l'unité qui reçoit la notification des déficits des Etats membres (…), il y a 7 personnes et la vérification de la comptabilité publique nationale n'est pas facile". Dès lors, il propose l'adoption d'un instrument juridique permettant à Eurostat d'aller vérifier sur place comment ces chiffres ont été réunis.

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