Bruxelles, 08/10/2004 (Agence Europe) - Lors d'une rencontre avec la presse, la semaine dernière à Bruxelles, Robert Derwyn Watkins, le chef du bureau régional pour le Moyen-Orient de l'Office d'aide humanitaire de l'UE (ECHO), a témoigné de la situation humanitaire alarmante dans les territoires palestiniens. « L'incertitude permanente pèse psychologiquement sur les habitants », a expliqué l'expert d'ECHO. A titre d'exemple, un recensement effectué en août 2003, dans le nord de la Cisjordanie uniquement, comptabilisait 48 points de contrôle militaires et plus de 300 barrages routiers et autres obstacles limitant l'accès des Palestiniens à leurs lieux de travail et aux centres de santé. Dans cette situation, la construction d'une clôture dite de « sécurité » entre Israël et la Cisjordanie n'a pas détendu le climat, ni facilité les déplacements. «De nombreux Palestiniens sont coupés de leurs terres et emplois, et n'ont plus accès aux services sociaux et médicaux de base », a expliqué Robert Derwyn Watkins. Selon l'Office de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (UNOCHA), la clôture, si elle est construite comme prévu par les plans du gouvernement israélien, aura des conséquences humanitaires graves pour plus de 680 000 Palestiniens, soit 30 % des habitants de la Cisjordanie.
L'aide d'ECHO aux plus défavorisés dans les territoires palestiniens s'élèvent à plus de 97 millions d'euros sur les trois dernières années, ce qui correspond à 80 % du budget total de la région, à l'exception de l'Irak qui bénéficie d'un budget particulier. Cette aide concerne les secteurs suivants: santé, distribution d'eau et de nourriture, assainissement, assistance psychologique auprès des enfants affectés par la violence. A noter aussi, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), la mise en œuvre d'un projet d'échange appelé « nourriture contre travail » dans les zones rurales affectées par la clôture dite de sécurité.