Bruxelles, 08/10/2004 (Agence Europe) - Alors que les autorités russes semblent avoir entériné la fin du conflit en Tchétchénie, l'Office d'aide humanitaire de l'UE (ECHO) continue de répondre aux besoins humanitaires de la population civile. Selon le chef de bureau d'ECHO pour le Caucase du Nord, Philippe Royan, « l'heure est aujourd'hui à la normalisation et à la reconstruction car le conflit est, selon les autorités russes, officiellement terminé ». Or, sur le terrain, selon l'expert d'ECHO, « on ne voit pas la fin du conflit depuis cinq ans ». Un climat d'impunité, marqué par de nombreux enlèvements, règne toujours en Tchétchénie, entravant le travail des missions humanitaires.
ECHO fait son maximum pour aider les ONG et les agences internationales, et assure aussi la protection juridique et physique des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur du pays. Néanmoins, si l'UE tente d'obtenir des conditions de travail plus adéquates, il reste dans l'esprit russe, a raconté Philippe Royan à quelques journalistes, la semaine dernière à Bruxelles « que le mal vient de l'extérieur, puisque nous occidentaux, appuyons les terroristes ». Derrière le discours officiel, l'expert constate cependant que, localement, les achats de matériel par exemple en vue d'assainir l'eau ou de rénover des centres de santé sont « les bienvenus ». Parallèlement aux actions de protection des personnes, la mission d'ECHO se concentre en effet sur l'aide alimentaire et les besoins en matière de santé. Les déplacements massifs de population fuyant la guerre ont gravement restreint l'accès à la nourriture en Tchétchénie, et la situation est très alarmante dans la capitale dévastée Grozny et dans le sud du pays.
ECHO consacre aussi des fonds importants au soutien éducatif et psychosocial ainsi qu'à des projets de sensibilisation au danger des mines antipersonnel, surtout à l'intention des enfants.