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Bulletin Quotidien Europe N° 8777
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/gymnich

Les ministres des Affaires étrangères vont notamment évoquer l'Irak, le Proche-Orient, l'ASEM et le Darfour

Bruxelles, 02/09/2004 (Agence Europe) - A l'invitation du président en exercice du Conseil des ministres, Bernard Bot, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent, les 3 et 4 septembre, au château St Gerlach (Valkenburg), dans le sud des Pays-Bas, pour leur rencontre semestrielle informelle de type « Gymnich ». Voici les points officiellement à l'ordre du jour, sachant que ce dernier pourrait changer à tout moment à la lumière des dernières évolutions en Irak et en Russie (attentats terroristes, prise d'otage, etc.).

La réunion débutera le 3 septembre avec une discussion sur la situation en Birmanie et l'élargissement de l'ASEM. L'envoyé spécial de la Présidence pour cette question, l'ancien Commissaire européen et ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères, Hans van den Broek, rendra compte du voyage qu'il a effectué (mandaté par la présidence) dans différents pays asiatiques au cours des dernières semaines. L'objectif reste de trouver une solution permettant la tenue du Sommet ASEM début octobre (voir EUROPE du 28 août, p.3). Jeudi, des diplomates européens se sont montrés relativement confiants que la réunion de ce week-end puisse préparer une proposition européenne sur ce sujet qui pourrait alors être formalisée dans les jours suivants (éventuellement lors du Conseil affaires générales du 13 septembre) avant d'être soumise aux partenaires asiatiques.

L'après-midi sera consacré au Moyen-Orient, à l'Irak et à l'Iran. Concernant le processus de paix au Proche-Orient, les ministres des Affaires étrangères exploreront les voies qui devraient permettre à l'UE d'encourager la mise en œuvre du projet israélien de retrait de la bande de Gaza et examineront quelle pourrait être la contribution de l'UE. Selon des diplomates européens, les ministres devraient notamment exprimer leur déception face au manque de progrès dans la mise en oeuvre de la feuille de route. Ils réitèreront sans doute aussi leur soutien au retrait israélien de Gaza, tout en soulignant que Gaza doit être le début, mais pas la fin du retrait et que ce retrait doit se faire dans les conditions convenues. La crise politique actuelle au sein de l'Autorité palestinienne ainsi que les progrès dans l'élaboration d'un plan d'action avec Israël dans le cadre de la politique européenne de voisinage de l'UE (une délégation de la Commission vient de revenir d'une visite en Israël) devraient également être soulevés par les ministres.

Concernant l'Irak, M. Bot rendra compte de ses récents entretiens à Bagdad (où il était le week-end dernier: voir EUROPE du 31 août, p.3) et des résultats préliminaires de la mission d'exploration qui s'est rendue en Irak le 20 août. Cette "fact finding mission" est rentrée de Bagdad seulement mercredi soir et elle a remis jeudi son rapport au Haut Représentant Javier Solana. M.Solana présentera ce rapport ce vendredi aux ministres. Des diplomates européens ont expliqué jeudi que la principale tâche de la mission exploratoire à Bagdad consistait à chercher des interlocuteurs dans l'administration intérimaire et dans les autres organes existants afin de les entendre au sujet de l'aide dont ils ont besoin et de la manière de laquelle l'UE pourrait éventuellement soutenir l'administration intérimaire. Il est surtout question d'une aide européenne en faveur du processus électoral, mais M.Bot a aussi évoqué jeudi (devant la commission des Affaires étrangères du PE) la possibilité que l'UE puisse s'engager dans la formation de policiers et de garde-frontières ou encore dans des tâches plus larges liées à l'établissement de l'Etat de droit. Pour l'instant, l'intervention collective de l'UE en tant que telle se limite à une aide humanitaire. Même si l'UE dispose d'une grande expérience dans des domaines tels que la gestion de crises et le développement de structures démocratiques et administratives, de nombreux pays membres restent réticents à l'égard de l'idée d'engager l'UE dans de telles tâches, plus politiques (notamment dans le contexte actuel d'insécurité et de campagne électorale aux Etats-Unis). Aucune décision n'est attendue de la réunion de ce week-end, mais le débat sur le futur engagement de l'UE en Irak risque d'être intéressant.

Concernant l'Iran, la discussion se concentrera sur la poursuite des relations de l'UE avec Téhéran , en exploitant les récents contacts d'un certain nombre de ministres des Affaires étrangères de l'UE (notamment de France, Allemagne et Royaume-Uni) avec ce pays.

Samedi matin, les ministres échangeront leurs vues sur les Balkans (Serbie-et-Monténégro - Kosovo) et en particulier sur l'avenir des relations de la Serbie-et-Monténégro avec l'UE, d'une part, et sur la situation au Kosovo dans la perspective des élections en octobre prochain, d'autre part.

Dernier dossier abordé, la crise au Soudan et au Darfour. Les ministres étudieront les diverses démarches que l'UE pourrait entreprendre, allant d'un soutien supplémentaire à des sanctions, en fonction des développements sur le terrain et au regard du processus politique sur place. Cette discussion tiendra compte des derniers développements des pourparlers de paix qui se déroulent à Abuja au Nigeria et du rapport que l'ancien ministre néerlandais Jan Pronk, désigné par le Secrétaire général de l'ONU, doit faire au Conseil de sécurité. Le renforcement de l'aide apportée par l'UE à l'Union africaine et l'éventuel envoi d'expert des questions de police au Soudan pourraient aussi être évoqués (voir EUROPE du 25 août, p.3).

Suivra un déjeuner de travail avec les ministres des Affaires étrangères des États candidats à l'adhésion, la Bulgarie, la Roumanie, la Turquie et la Croatie.

La réunion Gymnich se poursuivra par une rencontre avec des partenaires de la Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), quelques partenaires clés des Nations unies et de l'Union africaine et avec le représentant spécial de la Présidence pour les pays du fleuve Mano. Outre les développements dans la région, les ministres africains et européens, parmi lesquels la ministre néerlandaise de la Coopération, Agnes Van Ardenne, examineront les problèmes de la paix et de la sécurité en Afrique de l'Ouest et les moyens de renforcer les capacités de la CEDEAO dans ce domaine.

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