Bruxelles, 26/05/2004 (Agence Europe) - La Commission européenne a pris mercredi des mesures pour résoudre les problèmes actuels de traduction. Les retards dans les travaux de traduction représentent aujourd'hui un volume de 60 000 pages qui, à défaut de nouvelles mesures, atteindra 300 000 pages d'ici trois ans, explique la Commission, qui appelle tous les services à rédiger des communications et des textes explicatifs ne dépassant pas quinze pages.
La Commission entend aussi tout faire pour augmenter de 40% d'ici 2006 la productivité en matière de traduction par rapport à 2003. La coopération interinstitutionnelle sera renforcée pour la traduction « free-lance » et le développement de bases de données terminologiques communes. La Commission estime que ces mesures « devraient permettre d'éponger l'arriéré d'ici la fin de 2006 », une fois achevée la mise en place des ressources de traduction pour les neuf nouvelles langues.
Les textes que la Commission est légalement ou politiquement tenue de produire (projets de règlements et de directives, décisions relatives aux aides d'Etat, aux ententes et aux concentrations…) continueront à être publiés dans toutes les langues. Pour ce qui est des documents internes, la Commission s'en tiendra aux « langues procédurales » qui sont l'anglais, le français et l'allemand. Grâce à ces mesures, la Commission continuera de respecter le principe de multilinguisme au cours de la période de transition, laquelle sera légèrement plus longue que pour l'élargissement précédent. La Commission précise que la demande de traduction s'est élevée à 1,48 million de pages en 2003 et qu'elle a augmenté de 5,3% en moyenne par an au cours des cinq dernières années.
La Commission a déjà pris des mesures pour faire face à ce problème, comme le recrutement, en 2003, de 214 traducteurs internes et externes pour les nouvelles langues (un chiffre qui sera porté à 376 au début du mois de septembre). Mais elle explique que, si la tendance actuelle à l'augmentation de la demande se poursuit, « nous aurions besoin de 3 000 à 4 000 traducteurs d'ici 2010 au lieu des 2 400 qui travaillent pour nous aujourd'hui ». De plus, la Commission sait déjà que les concours organisés pour recruter de nouveaux traducteurs ne permettront pas d'obtenir les 135 lauréats par langue que les institutions de l'UE espéraient. La Commission rappelle aussi que chacun des élargissements a nécessité la mise en place de mesures transitoires (deux ans lors de l'introduction du suédois et du finnois).