Bruxelles, 17/03/2004 (Agence Europe) - L'Union européenne organisera le 15 avril une conférence des donateurs pour Chypre, si un accord intervient entre-temps entre les deux parties. "Nous sommes en train de prendre toutes les dispositions et d'envoyer les invitations, mais la conférence des donateurs ne se tiendra que s'il y a un accord", a expliqué un porte-parole de la Commission européenne à EUROPE. La conférence sera destinée à aider l'île divisée depuis 1974 à faire face aux coûts de sa réunification, qui inquiètent en particulier les Chypriotes grecs du sud de l'île, qui est bien plus développé. La conférence serait ainsi organisée avant les référendums du 20 avril, afin d'aider à convaincre Chypriotes grecs et turcs d'approuver l'accord - si accord il y a. La Commission européenne se refuse à indiquer quelle somme la conférence des donateurs aurait pour mission de récolter. « Tout dépend du contenu de l'accord, du tracé de la frontière, des retours de population », indique un porte-parole.
Jusqu'à présent, la Commission européenne s'était dite prête à organiser une conférence des donateurs, mais sans indiquer aucune date. L'Union européenne a une nouvelle fois rappelé lors de sa rencontre en Troïka avec les autorités turques, le 8 mars à Ankara, qu'elle préférerait que Chypre soit réunifiée avant son adhésion à l'Union européenne le 1er mai. Sinon, Chypre dans son ensemble intégrera l'Union européenne le 1er mai 2004, mais l'application de l'acquis sera suspendue pour sa partie Chypriote turque du nord de l'île.
La commission parlementaire mixte UE-Chypre s'est félicitée mercredi de l'intention de l'UE de tenir cette conférence, "pour alléger le lourd fardeau financier" lié à la réunification de l'île, et a appelé "la communauté internationale dans son ensemble à contribuer généreusement". La commission mixte rassemble des membres du Parlement européen et de la Chambre des représentants de la République de Chypre, qui représente les Chypriotes grecs. Dans ses conclusions, la commission mixte veut faire pression à la fois sur le leader chypriote turc Rauf Denktash et sur la Turquie. Elle souligne qu'un échec des négociations "sera un sérieux obstacle pour les ambitions européennes de la Turquie", puisqu'il serait "inimaginable" d'ouvrir des discussions sur l'adhésion de la Turquie tant "qu'elle ne reconnaît pas un Etat membre de l'Union européenne, maintient des forces militaires dans une partie de ce territoire, et viole les droits fondamentaux des citoyens européens". La Turquie occupe le nord de l'île depuis 1974.
Les discussions se poursuivent à Nicosie (Chypre), sous les auspices des Nations Unies. S'il n'y a pas d'accord d'ici le 22 mars, la Grèce et la Turquie rejoindront pour une semaine la table des négociations. Si les discussions n'aboutissent toujours pas, il est prévu que le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan termine le travail, avant que le texte ne soit soumis à référendum le 20 avril (EUROPE du 5 mars, p.6).
53 pays sont invités à la conférence des donateurs, dont ceux de l'OCDE, de l'OPEP et du Conseil de sécurité.