Bruxelles, 11/02/2004 (Agence Europe) - Outre les points liés au Pacte de stabilité et de croissance, à la directive sur la taxation de l'épargne et à la TVA (voir EUROPE d'hier, pages 9 à 12), le Conseil Ecofin réuni mardi à Bruxelles a largement abordé la question de la réalisation du processus de Lisbonne dans la perspective du Sommet européen des 25 et 26 mars, auquel ils participeront. Après avoir écouté la Commission leur présenter son rapport de printemps et son rapport sur la mise en oeuvre des Grandes orientations de politique économique (Gope) 2003-2005, les ministres ont procédé à un échange de vues destiné à défricher le terrain en vue de l'élaboration d'un "Key Issues Paper" qui sera adopté le 9 mars avant d'être soumis aux chefs d'Etat et de gouvernement. Dans la foulée, le Conseil a également examiné deux dossiers connexes: le suivi de Stresa et la réforme réglementaire.
Processus de Lisbonne. Après avoir écouté la Commission et la Banque européenne d'investissement, qui a présenté un exposé sur son activité de soutien au processus de Lisbonne et à l'Initiative européenne pour la croissance, les ministres sont convenus qu'il faut se concentrer aujourd'hui sur la mise en oeuvre des objectifs en matière de recherche, d'innovation, de formation et d'éducation, sans chercher à définir de "nouvelles cibles". Ils ont noté l'importance d'une évaluation "prudente" de l'impact d'une réglementation sur la performance économique et ont partagé l'opinion de la Commission selon laquelle la reprise économique et l'élargissement présenteront une opportunité exceptionnelle de réaliser les objectifs de Lisbonne. Le Conseil a par ailleurs avalisé un rapport sur la réforme structurelle préparé par le comité de politique économique et convenu de le soumettre au Conseil européen de mars. Il a également adopté des conclusions relatives au rapport de la Commission sur la mise en oeuvre des Gope 2003-2005. Le ministre irlandais des Finances, Charlie Mc Creevy, qui présidait la réunion, a souligné que "le message clé de ces conclusions est que trop peu a été réalisé dans la première année, mais qu'il reste suffisamment de temps pour se rattraper dans la seconde et la troisième année, à condition que les reformes soient accélérées".
Suivi de Stresa. Faisant suite aux discussions de l'informelle Ecofin à Stresa, en septembre 2003, le Conseil a repris ses discussions sur ses méthodes de travail et sur certains des problèmes auxquels l'Union sera confrontée dans les prochaines années. A cet égard, M. McCreevy a souligné que "l'un des principaux défis à relever est celui d'une progression plus rapide au niveau des objectifs de Lisbonne pour l'emploi, ce qui implique la résolution de questions telles que les mesures à prendre pour augmenter les taux de participation de la force de travail, les réformes des prestations et les effets économiques d'une réglementation excessive".
Réforme réglementaire. Le récent bilan de l'économie européenne de la Commission montre qu'une réforme réglementaire est essentielle à la réalisation des objectifs de la stratégie de Lisbonne. La Présidence irlandaise de l'UE et les trois Présidences à venir (Pays-Bas, Luxembourg et Royaume-Uni) proposent qu'une série de mesures et actions soient entreprises en la matière au cours des deux prochaines années. Ces propositions ont été exposées dans une lettre commune des quatre ministres des Finances à leurs homologues de l'Ecofin distribuée le 26 janvier. A la suite de cette initiative, le Conseil est convenu d'organiser un petit déjeuner de travail avant l'ouverture des travaux du prochain Ecofin sur la question de la "réduction du fardeau réglementaire".