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Bulletin Quotidien Europe N° 8627
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe/g7

Les Douze sont préoccupés par les mouvements « excessifs » des taux de change

Bruxelles, 20/01/2004 (Agence Europe) - Les ministres de l'Economie et des Finances des Etats membres de la zone euro ont adopté, lundi soir à Bruxelles, une déclaration dans laquelle ils se disent préoccupés par les mouvements « excessifs » des taux de change. L'Eurogroupe a fait cette déclaration dans le contexte de la préparation de la réunion des ministres des Finances des sept pays les plus riches de la planète -le G7 Finances- des 6 et 7 février à Boca Raton, en Floride (Etats-Unis).

« Concernant les taux de change, notre stratégie à long terme demeure inchangée: l'euro doit garder sa valeur à moyen et à long terme, en ligne avec les fondamentaux économiques », selon les « termes de référence » adoptés par les ministres de la zone euro, affirme la déclaration. « Dans les circonstances actuelles, nous insistons particulièrement sur la stabilité et nous sommes préoccupés par les mouvements excessifs des taux de change », ajoutent les Douze dans ce texte qui est quasiment identique aux déclarations faites la semaine dernière par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet. Ils déclarent aussi qu'ils « continueront de surveiller étroitement la situation et de conduire des politiques de soutien à la reprise économique dans un environnement macro-économique stable ». Après avoir longtemps déclaré qu'un euro fort était dans l'intérêt de la zone euro, l'Eurogroupe a ainsi modifié quelque peu son discours en mettant en garde contre les mouvements brutaux de la monnaie européenne sur le marché des changes.

Mais les ministres ne sont pas exactement au diapason sur le niveau acceptable de la monnaie unique. Alors que la France a clairement exprimé ses préoccupations au sujet du niveau de l'euro, d'autres Etats membres, dont la Belgique et l'Autriche, se disent relativement satisfaits de son niveau actuel (selon ces pays, un euro fort permet, par exemple, de compenser le prix élevé du pétrole qui s'achète en dollars sur les marchés internationaux). « Je pense que les choses sont plutôt correctes pour l'instant », a ainsi déclaré le ministre belge, Didier Reynders, à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe. « J'ai dit plusieurs fois la semaine dernière que nous avions besoin d'un euro fort, fondé sur une économie forte, et que je m'inquiéterais si nous entrions dans des zones plus dangereuses, aux environs de 1,30 dollar », a ajouté M. Reynders, pour qui « si nous nous approchions de cette zone, la seule marge de manœuvre serait du côté monétaire, et non budgétaire ». Son homologue autrichien, Karl-Heinz Grasser, a déclaré lui aussi que la zone euro pouvait s'accommoder du niveau actuel de sa monnaie, tout en se déclarant plus préoccupé par la rapidité actuelle des fluctuations des taux de change. « A mon avis, le problème de l'euro est surestimé », a-t-il dit. « Si nous considérons le niveau de l'euro par rapport au dollar sur les 30 dernières années, nous nous rendons compte que la moyenne se situe à environ 1,20 dollar ; or, nous n'en sommes pas vraiment éloignés », a-t-il précisé, avant de conclure: « Ce qu'il faut conserver à l'esprit, c'est la vitesse des ajustements ». De son côté, le ministre finlandais des Finances, Antti Kalliomaki, a souligné la nécessité pour l'euro de retrouver un niveau stable après sa récente hausse par rapport au dollar.

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