Bruxelles, 12/01/2004 (Agence Europe) - Dans une intervention à Berlin à l'occasion de l'attribution du prix du Reader's Digest au Président de "Transparence Internationale" Peter Eigen, le Commissaire européen Pascal Lamy a souligné les efforts déployés par l'Union pour contribuer à la lutte contre la corruption, y compris à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qu'elle veut inciter à faire un "premier pas" sur ce terrain malgré les difficultés et contraintes déjà ostensibles. Les Européens tentent déjà d'y promouvoir des règles minimales sur la transparence et les marchés publics dans le cadre des négociations sur l'Agenda de développement de Doha, a-t-il rappelé. "Et je ne mentionne même pas l'investissement et la concurrence, pourtant dotés d'un potentiel aussi important en termes de réduction des occasions de corruption et de pénalisation de la corruption active et passive", car sur ces sujets dits de Singapour, "nous avons appris dans la difficulté que si vous mettez des questions systémiques à l'agenda d'une négociation essentiellement mercantiliste, vous éveillez des soupçons et prêtez le flanc à des accusations de tactiques de diversion". Par ailleurs, souligne-t-il encore, l'OMC est "mue par ses membres" et "manque d'autonomie pour faire une déclaration institutionnelle contre la corruption". Alors Peter, a-t-il lancé à M.Eigen, "je ne puis promettre que la Commission européenne se lancera seule dans la défense d'un agenda explicite contre la corruption à l'OMC" mais "je suis prêt à étendre le champ de l'examen de la politique commerciale européenne à l'OMC pour inclure la politique traitant des côtés offres et demandes (respectivement les parties privées et l'Etat: NdlR) de la corruption". Et "si nous obtenons que d'autres nous suivent, nous aurons fait un bon bout de chemin pour faire de la lutte contre la corruption un objectif explicite plutôt que implicite de l'OMC", a-t-il estimé.