Bruxelles, 12/01/2004 (Agence Europe) - "J'aurais du mal à expliquer en Europe comment des députés qui sont des représentants du peuple ne peuvent pas se représenter" aux élections législatives iraniennes de février prochain, a avoué le Haut Représentant pour la PESD Javier Solana lundi à Téhéran, où il est en visite pendant deux jours, avec comme mandat du Conseil de l'UE de "discuter les modalités pour faire avancer le dialogue avec l'Iran dans tous les domaines". Selon l'AFP, M.Solana a reconnu que ces élections sont une affaire intérieure iranienne, mais a dit en même temps qu'elles doivent faire partie d'un processus équitable. Or, les commissions de surveillance des élections, dépendantes du Conseil des Gardiens de la Constitution, ont refusé plus de 3500 candidatures, y compris de 85 membres du Parlement actuel.
A Téhéran, M. Solana, qui avait rencontré dimanche à Vienne Mohamed El Baradei, Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a eu des entretiens en particulier avec le Président Khatami, le ministre des Affaires étrangères Kharrazi et le chef du Conseil suprême de sécurité Rohani, avant de se rendre mardi à Bam, pour confirmer le soutien de l'UE aux victimes du récent tremblement de terre meurtrier. (Rappelons que le 14 janvier il sera à Kaboul, en Afghanistan, et le 15 janvier à Tbilissi, en Géorgie).
L'élu européen de la CDU Michael Gahler, rapporteur du PE sur l'Iran, a qualifié l'exclusion d'un si grand nombre de candidats des prochaines élections de "grave revers pour le développement de la démocratie en Iran, à moins qu'on revienne sur cette décision". En outre, il note que "le nombre de députés et candidats connus ainsi bannis montre à quel point les structures conservatrices craignent de soumettre au véritable scrutin populaire".