Strasbourg, 18/12/2003 (Agence Europe) -Plusieurs membres du groupe socialiste du Parlement européen ont lancé jeudi à Strasbourg un appel au "sursaut", après l'échec du Sommet CIG de Bruxelles à l'issue duquel, déplorent-ils, "l'adoption de la Constitution européenne a été repoussée sine die". Or, constatent-ils, sans Constitution, "pas de Charte des droits fondamentaux (...), pas d'objectifs de plein emploi, d'économie sociale de marché, de développement durable (...), pas de ministre européen pour construire une politique étrangère commune, pas de Parlement européen pleinement législateur (...), pas de politiques européennes approfondies sur l'asile, l'immigration,la justice, pas de base juridique pour une loi européenne préservant les services publics, pas d'initiative citoyenne des lois, pas de lien entre les élections européennes et le choix du président de la Commission, pas de personnalité juridique de l'Union pour qu'elle siège dans les organisations internationales, pas d'institutions plus efficaces pour décider à la majorité". Donc, "pas de Constitution = une Europe moins forte, moins démocratique, moins sociale, moins politique", disent les signataires, en notant que les responsabilités de l'échec incombent au Président du Conseil Silvio Berlusconi (qui "a commencé" sa présidence dans l'insulte pour la terminer dans les pitreries"), aux dirigeants polonais et espagnols (qui "ne se sont pas comportés en Européens"), aux Français et aux Allemands (qui "ont perdu toute crédibilité (...) en malmenant unilatéralement le Pacte de stabilité qu'ils avaient à tort imposé"), et en particulier au Président Chirac ("qui n'est pas le mieux placé pour expliquer aux Polonais et aux Espagnols que le traité de Nice, qu'il a lui-même si mal négocié, n'est pas adapté à l'élargissement engagé depuis dix ans", Chirac qui "agresse parfois et maltraite toujours les nouveaux venus au lieu de chercher à s'en faire des alliés!").
Face à cette crise, les signataires appellent à une large mobilisation de tous les Européens, « responsables politiques, militants, membres d'organisations et d'associations (...) pour sauver le projet européen ». Parmi eux figurent le président du groupe socialiste Enrique Baron, le président de la commission constitutionnelle Giorgio Napolitano et celui de la commission de la culture Michel Rocard, les Français Pervenche Berès et Olivier Duhamel, anciens "conventionnels" comme la Belge Anne Van Lancker, l'Italienne Elena Paciotti, l'Espagnol Carlos Carnero Gonzalez, le Grec Giorgios Katiforis et figurent aussi la Grecque Myrsini Zorba, le président de l'Union des Fédéralistes Européens Jo Leinen (social-démocrate allemand), et les Britanniques Richard Corbett, David Martin et Glyn Ford.