Bruxelles, 17/12/2003 (Agence Europe) - Le socialiste français Olivier Duhamel, député européen et ancien conventionnel, estime dans une "petite chronique en style télégraphique" que la CIG de Bruxelles a évité le pire ("la Constitution enterrée ou le texte massacré") et que les Etats membres se sont donné du temps, en laissant passer les élections espagnoles (en mars 2004), européennes (en juin) et "qui sait, polonaises (2005 ou anticipées?)".
Quant aux dirigeants responsables de cette situation, il évoque: - les Polonais: "pas encore Européens, déjà thatchériens: le veto jusqu'au bout"; - les Espagnols: Aznar a fait du calcul des voix au Conseil "un enjeu emblématique, créant ainsi, par nationalisme mal placé, le point de blocage"; - les Français et les Allemands: Chirac et Schröder ont "accumulé les arrogances franco-allemandes" (Pacte de stabilité, "manie de se proclamer sans arrêt le moteur"). Et Chirac, "premier responsable de Nice", a été "rigide sur tout à Bruxelles, désireux de ne pas conclure, content de paraître super-européen et de se débarrasser pour l'instant de la question du référendum" sur la Constitution; - les Italiens: Berlusconi a combiné "vulgarité et légèreté" ("j'ai la formule magique", "parlons football et femmes", phrases lancées à la CIG à Bruxelles tout en estimant que "des discussions bilatérales suffisent"); - la Commission: Prodi - "poli, professeur, distingué mais sans charisme ni leadership pour pallier les carences de l'autre" - a été "longtemps plus appliqué à tirer sur le projet de Constitution qu'à l'améliorer et le défendre".
Quelles sont, dans ces conditions, "les urgences"? Pour Olivier Duhamel, "pas les groupes pionniers chers à Chirac" (lancer ces groupes en dehors des institutions "détruirait l'Europe"), mais des efforts pour "sauver le projet de Constitution", notamment par une pression sur la Présidence irlandaise.