Bruxelles, 17/12/2003 (Agence Europe) - Le Premier ministre polonais Leszek Miller a reconnu mercredi que l'adoption du Traité constitutionnel risque d'être reportée au-delà de la Présidence irlandaise. "L'idée même de la Constitution peut être suspendue pour un certain temps. De toute façon, nous avons le temps jusqu'en 2009 pour décider du système de vote" au Conseil, a-t-il déclaré au quotidien Gazeta Wyborcza. "Je préférerais, bien sûr, que nous ayons cette Constitution, car elle contient beaucoup de bonnes solutions, mais je ne sais pas si nous pouvons nous mettre d'accord sur son texte durant la Présidence irlandaise", note M. Miller. "Durant le dernier déjeuner à Bruxelles, j'ai entendu dire: 'Faisons une pause, sans fixer de date'. C'est ce qu'ont dit notamment les Britanniques, ainsi que pratiquement la majorité des Etats membres", a-t-il ajouté. Par ailleurs, dans une interview avec le Financial Times, M. Miller a estimé que l'initiative de six pays (Allemagne, France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Autriche, Suède) qui ont demandé, dans une lettre à la Commission européenne, le gel du budget de l'UE à 1% du PIB pour la période 2007-2013, n'était pas une manière de "punir" Varsovie et Madrid, mais était plutôt le reflet de leurs propres problèmes financiers. « Je ne pense pas qu'il y ait un lien entre cette lettre et les résultats du Sommet. Cette déclaration (des Six) aurait de toute façon été publiée, indépendamment de ces résultats », a-t-il estimé. Et, en soulignant que son pays avait "bien réfléchi" avant de définir sa position à la CIG, il a averti: "La Pologne peut modifier son raisonnement, mais pas sous la menace".