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Bulletin Quotidien Europe N° 8592
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La CDU indignée de l'indulgence de l'Eurogroupe - Pas de place pour le Pacte dans la Constitution, selon M.Lipietz

Bruxelles, 25/11/2003 (Agence Europe) - Comme prévu, l'indulgence manifestée lundi soir par la majorité de l'Eurogroupe à l'égard de l'Allemagne (voir plus haut) a provoqué une levée des boucliers chez les élus européens de la CDU/CSU. Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE, s'indigne: comment "expliquer aux gens que, par exemple, les clients d'une banque sont sanctionnés par des taux d'intérêt plus élevés s'ils dépassent leur ligne de crédit, alors que les gouvernements de grands Etats membres de l'UE sont ménagés?". "Des propositions constructives sont maintenant nécessaires", estime-t-il cependant.Hartmut Nassauer est moins conciliant et (comme Karl van Wogau) exhorte le Commissaire Solbes à envisager une plainte à la Cour de justice contre les "pratiques illégales des ministres des Finances allemand et français". La situation actuelle montre selon lui que, dans les discussions à la CIG, il faudra donner au Pacte de stabilité "un rang constitutionnel", et prévoir qu'à l'avenir "seule la Commission européenne pourra décider les procédures sur le déficit".

Très critique aussi, le président du groupe libéral Graham Watson juge "minable" l'accord entre membres de la zone euro au sujet de l'Allemagne: selon lui, "il compromettra la ratification de la nouvelle Constitution européenne", car les citoyens pourraient se demander à quoi cela sert de s'entendre sur des règles pour gouverner l'Union si les grands pays les piétinent lorsqu'elles leur pèsent trop. Le Parlement européen, prévient le libéral démocrate britannique, voudra "mener un post-mortem approfondi sur cette affaire".

Le Vert français Alain Lipietz n'est pas du tout du même avis et se réjouit "doublement" du verdict de l'Eurogroupe, car "l'application du Pacte aurait été une stupidité pour l'Europe aujourd'hui, et il est clair désormais qu'il ne peut plus être intégré à la Constitution". En constatant que le Pacte "se retrouve tel quel dans la IIIème partie du projet de Constitution (mais sans les chiffres précis, qui font l'objet d'un protocole et d'un règlement)", M.Lipietz décrète: "Voici un premier exemple de la nécessité de disjoindre cette IIIème Partie du projet de Traité constitutionnel". "L'interprétation "intelligente" consiste à oublier ce pacte stupide". Et il renchérit: "Cette fois, ce sont les clauses de Maastricht établissant l'irresponsabilité de la Banque centrale également reprises par la IIIème Partie qui apparaissent "stupides" et doivent être écartées de la Constitution et révisées". M. Lipietz note en passant que son collègue Robert Goebbels, socialiste luxembourgeois, a " rappelé ironiquement que le Pacte n'avait d'autre but que de défendre l'euro ; or, celui-ci n'a jamais été aussi fort que depuis que le Pacte de stabilité a été enfoncé".

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