Bruxelles 06/11/2003 (Agence Europe) - L'année 2003 est une année "décisive" pour la politique européenne de défense (PESD) car elle a permis d'atteindre de nombreux objectifs et d'en lancer de nouveaux pour les années à venir, a constaté mercredi Javier Solana, Haut représentant pour la PESC, lors d'une réunion des chefs de la défense de l'UE et d'un séminaire informel sur l'industrie de la défense européenne, organisé à Bruxelles par la Présidence italienne.
2003 a vu la réalisation de l'Objectif global d'Helsinki ("Headline Goal"), la signature d'accords avec l'OTAN, le lancement de plusieurs opérations de l'UE dans le monde, le début des travaux sur l'Agence européenne de l'armement et la "stratégie de sécurité européenne". M. Solana a tenu à souligner que le Headline Goal n'était pas une fin en soi mais un processus continu, et qu'il faut continuer à améliorer les capacités militaires européennes - ce qui implique un réexamen constant de la définition des objectifs de l'UE. Dans ce contexte, la "stratégie européenne de sécurité" qui doit être adoptée à la fin de cette année (EUROPE du 20 juin, p.4) et les résultats de la CIG sur la défense serviront de références pour « une première révision significative » des objectifs de 1999 à Helsinki. Cette révision aura à son tour des implications sur la stratégie de sécurité de l'UE puisque les nouveaux objectifs en matière de capacités devront refléter les menaces et les engagements de l'UE énoncés dans cette stratégie. L'ambition d'atteindre ces "nouveaux objectifs" d'ici 2010 - comme proposé au dernier Conseil informel Défense (EUROPE du 3 octobre, p.5) - convient à M. Solana.
M. Solana a aussi salué le consensus dégagé au sein de la CIG sur la clause de solidarité entre les Etats membres, l'élargissement des missions de Petersberg et la mise en place d'une Agence européenne de l'armement. Il espère que la CIG parviendra également à un consensus sur les "coopérations structurées" sur lesquelles les avis divergent toujours (pour les discussions à ce propos lors du dernier Conseil européen, voir EUROPE du 18 octobre, p.5). Cette idée n'est pas nouvelle, a-t-il expliqué en notant que le système Schengen et l'euro sont des exemples de coopération étroite entre Etats membres. Outre les problèmes essentiellement politiques, il y a aussi une dimension « capacitaire », a-t-il dit, puisque les "coopérations structurées" pourraient être « un cadre idéal pour une utilisation systématique de moyens mis en commun et partagés », menant ainsi à une plus grande intégration dans le domaine de la défense européenne.